Il faut sauver Mgr Kpodzro…

WhatsApp Image 2020-04-20 at 14.40.30 (2)

  La posture que campe Mgr Philippe Fanoko Kpodzro dans le jeu politique togolais est de plus en plus ambiguë. « Homme de Dieu » respecté et fringant nonagénaire admiré, il semble cependant très peu inspiré par les deux types de sagesse (chrétienne et maturité) dont il se prévaut. Censé se placer au-dessus de la mêlée, Mgr Kpodzro agit comme l’homme d’un camp, mieux comme si Dieu était encarté au MPDD d’Agbéyomé Kodjo. Fort de son statut épiscopal et du magistère moral dont il jouit dans le cœur de tous les Togolais, il s’est lancé dans une croisade peccamineuse et onéreuse pour la cause de l’alternance. De ce fait, beaucoup d’honnêtes gens ont du mal à comprendre la politique de « deux poids, deux mesures » qui poisse les oukases du vieil homme depuis le deuxième semestre 2019. Le bon berger de l’Éternel n’est-il pas celui qui travaille à ramener les brebis égarées dans le troupeau ? Est-ce vraiment l’amour de Dieu qui inspire les propos vindicatifs de Mgr Kpodzro ou l’enflure de l’orgueil ? Autrement, comment comprendre que l’« homme de Dieu » refuse hargneusement de pardonner les offenses présumées de certains responsables de l’opposition?

  L’orgueil empoisonne l’âme… Inexplicablement, Mgr Kpodzro se montre volontiers intraitable envers les uns et indulgent envers les autres (qui ne sont pas moins fautifs). Ce genre de comportement erratique est contraire à la doctrine catholique : « il faut rendre à césar ce qui est à césar et à dieu ce qui est à dieu ». Ainsi, son acharnement contre les leaders et les partis qui n’ont pas la faveur de son suffrage personnel empoisonne l’atmosphère politique au sein de l’opposition togolaise. Sa vendetta personnelle – il faut oser appeler un chat un chat- contre Jean-Pierre Fabre, qui ne sert manifestement pas la cause de l’alternance, ne relève que du « péché d’orgueil ». Le grand « homme de Dieu » a révélé la date de naissance de l’animosité qu’il voue à Jean-Pierre Fabre et à Éric Dupuy dans la fameuse « messe d’intercession » du 26 juin 2019. À la veille des élections locales et avant même le lancement de l’initiative qui portera ensuite le nom de « dynamique Mgr Kpodzro », le prélat déclarait : « j’ai voulu m’entretenir avec les leaders de l’ANC, et le responsable a croisé les jambes devant moi pour me parler comme si je suis un petit, comme si je suis un ignorant. Il a été soutenu par son adjoint chargé de la communication. Lui, me demandait si je sais ce que c’est que la communication ». Pour faire simple, c’est l’impardonnable « orgueil » des deux responsables politiques qui motive les attaques répétées qui ont suivi. Un bon chrétien doit-il répondre à un péché d’orgueil par un autre péché d’orgueil ? Mgr Philippe Fanoko Kpodzro fait montre d’un gout très peu catholique pour la rancune, alors qu’en avril – de la même année – le pape François n’a pas hésité à se jeter au sol pour baiser les pieds des leaders rivaux du Sud Soudan – Salva Kiir et Riech Machar. Excès de rancune contre accès d’humilité christique. Le Dieu de l’archevêque émérite de Lomé Mgr Kpodzro est-il le même que celui de l’évêque de Rome, chef de l’Église catholique et pape François ? Pourquoi le nonagénaire togolais rechigne tant au « don divin du pardon » ?

   Crimes égaux, châtiments inégaux ? Par-dessus tout, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro a truqué les instruments de pesée des péchés. Il fulmine contre les corrompus et les traîtres d’aujourd’hui, tout en défendant un corrompu et un traître notoire. Ce qui incline à penser que la corruption ou la traitrise ne sont pas en cause dans cette affaire, mais c’est le péché d’orgueil. Si Agbéyomé Kodjo lui-même reconnait ses « infirmités », pourquoi l’« homme de Dieu » n’accorde-t-il pas la même possibilité aux « hommes politiques » qu’il incrimine de faire en temps utile acte de contrition ? Au demeurant, comment peut-on dénoncer la fornication des uns tout en absolvant l’adultère des autres ? Depuis quand les vices privés sont-ils incompatibles avec la vertu publique ?  Comment peut-on prétendre faire l’unité de l’opposition en la divisant ?

  Et le pardon dans tout ça ? Mgr Philippe Fanoko Kpodzro est une immense figure de l’histoire du Togo. À ce titre, il devrait renouer avec la hauteur de vue qui sied à son âge et à son statut épiscopal. Ce n’est qu’en se replaçant au-dessus des partis politiques qu’il pourra s’élever en humilité christique. Une seule ligne de conduite devrait désormais inspirer les actes de notre très cher « patriarche » : qu’aurait fait le pape François à sa place ? Baiser les pieds de Jean-Pierre Fabre afin de le réconcilier avec Agbéyomé Kodjo ou se lancer dans un déshonorant concours d’insultes ? Par ailleurs, l’autorité morale de Mgr Kpodzro est astreinte à un devoir d’exemplarité.

   Pour ce qui me concerne, ma loyauté va à la cause de l’alternance et non aux hommes. Ce texte ne doit pas être lu comme favorable à Jean-Pierre Fabre ou défavorable à Mgr Kpodzro. Il vise à protéger Jean-Pierre Fabre contre lui-même et à sauver Mgr Kpodzro de lui-même. Les forces, les mouvements et les dynamiques de l’opposition togolaise doivent faire l’économie de cette chasse aux sorcières. Il est temps de sauver la cause de l’alternance des petits calculs mesquins.

#NiPourFabre #NiContreKpodzro #ContreFaure

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. psa dit :

    Merci… Bien reçu…On se parle…psa

    Pierre S. Adjété, EthicAdm.

         « Ad Valorem »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s