HORS SÉRIE – Nubukpo, le FCFA et le dilemme de Sékou Touré

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  Il s’est imposé, en quelques mois, comme le visage de la fronde anti franc CFA en Afrique francophone. Kako Nubukpo est un intellectuel furieusement spécifique, c’est-à-dire un universitaire qui n’hésite pas, comme l’a théorisé Foucault, à faire effraction dans le débat public en formulant une pensée critique depuis la cour carrée de son champ disciplinaire, en l’occurrence l’économie. Passant outre tout devoir de réserve, le placide (ex)directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à Paris n’hésite pas à porter le fer, apportant au camp des détracteurs du franc CFA la caution et le prestige d’une carrière académique et professionnelle bien remplie. En brisant l’omerta, avec un ouvrage collectif coup de poing paru en fin d’année dernière, – Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : À qui profite le franc CFA ?, La Dispute, 2016 – il a contribué à mettre l’impératif monétaire à l’agenda des politiques dites d’émergence économique dans les pays francophones d’Afrique et à ouvrir de nouveaux champs des possibles. Dans ce réquisitoire à charge contre l’ex-franc des colonies françaises d’Afrique, Kako Nubukpo et ses co-auteurs se livrent, non sans talent, à une démolition en règle de l’édifice commun : la politique de parité fixe avec l’euro, la stabilité monétaire de la zone franc, l’intégration économique sous-régionale, la lutte contre l’inflation, le compte d’opération piloté par la Banque de France, impression des billets à Chamalières en France etc. Bref, ils y dressent le portrait d’une monnaie ni faite ni à faire en mettant particulièrement l’accent sur la symbolique rédhibitoire de cette dernière relique coloniale.

 Volontiers déconstructeurs de mythes monétaires, ils tentent de prouver que contrairement à la pensée unique dominante, qui reprend benoîtement le chant des sirènes du néolibéralisme des institutions de Breton Woods –le fameux there is no alternative-, il y a une vie en dehors et après le CFA pour les pays d’Afrique francophone. Cette conviction, Kako Nubukpo la tient de ses travaux empiriques sous les cloîtres des amphithéâtres et de ses navettes entre les ors des ministères et les bureaux proprets du siège de Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Dakar et à la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à Bamako. Loin de tenir un discours hors-sol, depuis les hauteurs de sa tour d’ivoire théorique, il a ferraillé avec les incongruités de la technostructure de la Banque centrale alors qu’il y officiait (de 2000 à 2003) et a voyagé au bout des limites de sa politique monétaire pendant qu’il était chargé du ministère de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo, son pays d’origine, de 2013 à 2015. Poil à gratter de Charles Konan Bany, il ne rechignait pas à irriter, à agacer pour finir par claquer la porte, à force de penser à rebrousse-poil. Économiste hérétique aux idées hétérodoxes, il a tourné le dos à une carrière à la BCEAO pour enfourcher son cheval de bataille : réformer ou abolir le franc CFA ! Jusqu’à une date récente, la question n’était pas clairement tranchée dans son esprit, c’est d’ailleurs pour cela qu’il invitait au débat et appelait au cours de séminaires très courus à une « sortie par le haut » du franc CFA. C’était avant le 26 juillet dernier. Dans une tribune[1] publiée sur Liberation.fr, le docteur en économie et agrégé des facultés de sciences économiques a mis fin au suspense, en ouvrant la salve avec cette formule lapidaire : « abolir le franc CFA, c’est la mission, le combat qui m’anime depuis une quinzaine d’années ». En se défendant d’être un « pyromane » comme l’en accuse ses détracteurs, il assure ne pas croire au « grand soir » tout en mettant en garde contre les tentatives cosmétiques avant de prôner une mort programmée du franc CFA, « vestige amovible de la colonisation », selon lui. Au bout du cheminement de ses réflexions, aucun aspect de cette monnaie ne trouvant de grâce à ses yeux, Kako Nubukpo n’envisage désormais que deux alternatives : déserter ou dynamiter la zone franc.

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 Afin d’échapper au collapsus annoncé, il faudrait avancer de manière méthodique pour éviter de jeter le bébé – le franc CFA- et l’eau du bain –la zone franc. À une époque où pathos et complotite tendent à avoir le dernier mot, il faudrait aborder la question sans faux-fuyants. Ne pas claironner l’air de la francophobie triomphante sur le continent mais traiter le sujet avec parcimonie, nuance et sans mauvaise humeur. Les réactions épidermique et pileuse éclipsant généralement une attitude plus frileuse à l’égard des faits objectifs. Il faut, de bon poil, avoir le courage d’une pensée qui n’épuise pas son intensité dans la critique mais qui trace des perspectives constructives. Ainsi nous pourrons échapper à la revanche des faits et aux nuages d’incertitudes qui ne manqueront pas de s’amonceler sous le soleil de notre souveraineté économique conquise. Autrement dit quel serait le coût de renonciation qu’une abolition du franc CFA impliquerait ? La ligne de partage des eaux, telle qu’elle s’esquisse habituellement, simplifie à la caricature un débat très complexe dont la fécondité dépend d’une rupture avec le manichéisme habituel. En somme, introduire des nuances de gris dans un tableau en noir et blanc qui ne reflète qu’en partie la complexité des réalités, des situations et des positions. Il faudra répondre, en dernière analyse, à une autre question subsidiaire mais non moins importante: de quoi Nubukpo est-il le nom ? D’une grenade dégoupillée dans le pré carré de la Françafrique où d’un pétard mouillé à champ d’action limité dans l’espace et dans le temps?

L’impossible débat

 La bataille du franc CFA est avant tout une confrontation entre deux pôles de pensée qui s’opposent depuis ses origines. À un bout, il y a la galaxie des économistes extrêmement sceptiques voire critiques du CFA, formant une espèce d’iceberg dont la partie cachée regroupe une foultitude de panafricanistes, de nationalistes et d’autres penseurs– comme Célestin Monga, Jean-Claude Tchatchouang, Nicolas Agbohou, J. Tchundjang Pouemi, Tchetche N’Guessan, Martial Ze Belinga, Demba Moussa Dembele etc- que Kako Nubukpo tente de cristalliser et dont il incarne aujourd’hui la pointe émergée. Un juste retournement de la roue de l’histoire. Avec lui, le Togo retrouve la centralité qui a été le sien dès le début des années 60 sur la question monétaire. En janvier 1963, le premier président togolais Sylvanus Olympio[2] a vraisemblablement payé son désir d’affranchissement économique du lourd tribut de sa vie, à la suite d’un coup d’État fomenté par la France. C’était au temps béni de la postcolonie où Jacques Foccart[3] faisait sauter les chefs d’Etat africains comme des fusibles.

  À l’autre extrémité, des politiques et économistes organiques, gardiens du temple de la politique monétaire dictée par le FMI et le Trésor français, adorateurs du veau d’or qu’est devenu le franc CFA. Ceux identifiés dans Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : À qui profite le franc CFA ? comme les serfs volontaires des deux banques centrales – BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) et BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) – et les laquais politiques de l’impérialisme français. Présentés comme les bénéficiaires du système monétaire actuel aux côtés des multinationales françaises. Des banquiers centraux pris dans un engrenage carriériste et des politiques mus par une volonté de maintien au pouvoir.

   Enjeu de la bataille : maintenir la laisse française ou sortir du système franc CFA. Pour les sauveteurs, le franc CFA est un bouclier protecteur, et, pour les détracteurs, un handicap insurmontable. Les uns s’estiment seuls légitimes (argument d’autorité) pour décider de la politique monétaire et les autres assurent défendre (non sans démagogie) les intérêts des peuples privés de liberté, de crédits et de croissance. Procès en incompétence contre procès en collaborationnisme. Les uns en appellent au débat, les autres ne veulent en aucun cas entendre parler. De part et d’autre, on prêche pour sa paroisse. Quant aux États de la zone UEMOA, ils sont priés par la France de communier ou de s’en aller… et parfois ils s’en vont puis reviennent. L’économie n’est-elle pas devenue la religion universelle de notre monde contemporain désenchanté ?

   En l’absence d’un espace public régulé, à l’échelle du continent pour le commerce des idées, on fortifie sa position, on pilonne et on balance des oukases sur le camp adverse. Il est vrai que quand on a des opinions on débat mais quand on a des convictions on combat. Au fond, le débat sur le franc CFA est impossible pour deux raisons supplémentaires. D’abord, chaque camp sacrifie à la religion de sa vision de la politique monétaire, et, ensuite, l’absence même d’une culture du débat sur le continent africain. Jamais les gouverneurs de la BCEAO et de la BEAC ne se sont exprimés devant le parlement de la CEDEAO ou de la CEMAC pour exposer voire défendre les fondements de leurs politiques monétaires. Des cimes où ils prononcent leur homélie économique, ils s’estiment, sans doute, au-dessus des représentations démocratiques même s’ils reçoivent leur sermon du ministère français des Finances. Ce que Kako Nubukpo a fustigé comme la « route de la servitude ».

   Dans un tel paysage, le rudoyant lexique de la « servitude volontaire » a été vécu comme un affront ou une injure par ceux-là mêmes qui auraient bien besoin de briser leurs chaînes. Il a plus probablement contribué à les conforter dans leur position plus qu’à réveiller leur appétence au débat. Naturellement, l’impossibilité de débattre n’empêche pas que tous les coups bas soient permis ! Outre la charge très polémique d’une telle formule, elle enferme le débat dans la dialectique d’un maître manipulateur et d’un esclave sans empire véritable sur ses actions. Le paradoxe de la théorie de la servitude volontaire c’est de dépolitiser l’enjeu monétaire et de le réduire à la tragédie bien connue de l’esclavage entre les « nègres de maisons » et les « nègres marrons ». Les derniers, parce qu’ayant une laisse un peu plus longue, jettent anathème et opprobre sur les premiers, les livrant à la vindicte médiasphérique. Occultant le fait que les enfants modèles comme les enfants rebelles de la comédie monétaire sont tous issus des mêmes matrices universitaires et ont été nourris à la mamelle de la culture française. Servitude volontaire disent les uns ; cécité volontaire rétorquent les autres : c’est ressenti contre ressenti ! On en sort pas. Comme le dit la phrase de Thomas Sankara on ne s’apitoie pas sur le sort de « l’esclave qui refuse d’assumer sa révolte ». Ce dernier répondra seul de son malheur, seule la lutte peut le libérer du maitre condescendant.

Voilà donc par quel glissement, on se retourne vers l’éternel bouc émissaire (la France, ce maitre que nous adorons détester) qu’on couvre de tous les quolibets. De Dakar à Brazzaville, on braille, on s’indigne et on twitte jusqu’à épuisement de batterie. Puis on s’affale à son canapé ou on s’affaisse à son cachot du désespoir. Il serait peut-être temps d’expliquer aux lyncheurs résignés qu’on ne change pas le monde avec de gros mots et en pianotant son clavier. Rappeler à cette jeunesse africaine qui cloue au pilori la France néocolonialiste et ses chiens de garde indigènes, et, qui porte au pinacle les papes de la rebellitude, à qui on ne la fait plus, qu’il y a une différence entre l’art de l’indignation et l’esprit critique. Il faudrait arrêter de chasser des fantômes pour s’attaquer aux vrais problèmes du continent. En réalité, il va de l’aliénation comme de l’idéologie, c’est toujours le fait de l’autre, ce n’est jamais notre affaire. Invoquer l’aliénation permet de disqualifier l’argumentaire de son interlocuteur, de discréditer ses idées au prétexte qu’elles lui seraient inspirées de Paris. Mais dans ce brouillard épais qui entoure le franc CFA (et son abolition) qui peut situer, sans risque de se tromper, le curseur de la liberté entre la servitude involontaire (esclavage) et la servitude volontaire (aliénation ou consentement à être dominé) ?

Crime de lèse-majesté

 En dehors des feux des lanternes médiatiques, la vraie bataille du franc CFA se livre dans l’ombre… La récente polémique provoquée par les révélations des motifs de l’éviction[4] de Kako Nubukpo du gouvernement togolais en juin 2015, qui a suscité démenti et controverse autour d’une lettre d’excuses publiques[5], éclaire d’un jour nouveau ce qu’il se joue véritablement au sein de la zone UEMOA. La non-reconduction de l’ex-ministre de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques à son poste, sous la pression d’Alassane Ouattara et des hiérarques de la BCEAO, prouve bien que la guerre du franc CFA se livre non pas sur la place publique mais derrière les coulisses entre groupes d’influence, écoles de pensée et camps antagonistes. « J’ai quitté le gouvernement parce qu’il y a un président étranger, Ouattara (ndlr- Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire) qui a demandé à notre président Faure (ndlr- Faure Gnassingbé) de me virer du gouvernement parce que je critique le franc CFA » avait-il révélé lors d’une conférence sur les enjeux de la monnaie en Afrique le 24 mai 2017 à Lomé, au Togo. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

 Le 6 juillet 2015, Yanis Varoufakis, démissionne de son poste de ministre des Finances à l’issue du référendum du 5 juillet, il est poussé vers la sortie par l’intransigeance du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble et les dirigeants de l’Eurogroupe. Après son éviction, le fantasque professeur d’économie, ayant échoué à imposer la nécessité d’un Grexit à son premier ministre Alexis Tsipras, fustige l’absence de flexibilité laissée aux États au sein de la zone euro qui ne peuvent dévaluer leur monnaie en cas de crise nationale. Un mois plutôt, Kako Nubukpo, autre professeur d’économie venu se frotter à la politique n’était pas reconduit à son poste sous pression de la Côte d’ivoire, l’équivalent de l’Allemagne dans la zone UEMOA. Dans le cas grec comme dans l’exemple togolais, un petit pays se voit dicter sa conduite par un plus grand au sein d’une communauté monétaire. Outre le hasard de calendrier, l’entorse manifeste à la souveraineté des deux pays et les similarités biographiques entre Varoufakis et Nubukpo, la comparaison s’arrête là… Mutatis mutandi. Et pour cause, selon les chiffres de la Banque mondiale, la Côte d’ivoire pesait de 36,1 milliards de dollar de produit intérieur brut en 2016[6], soit 35% du PIB de l’UEMOA et 60% de ses exportations agricoles. À titre de comparaison le PIB togolais s’élevait à 4,4 milliards de dollars la même année[7], soit le neuvième du PIB ivoirien. Pour le dire trivialement, le Togo ne fait pas le poids face à la Côte d’ivoire. De même que l’euro est un mark allemand lifté, le franc CFA d’Afrique de l’Ouest est une monnaie ossaturée pour l’économie ivoirienne. La preuve, la Côte d’ivoire la porte à bout de bras celle-ci et ne reculera devant rien pour la défendre.

    Nous vivons vraiment une époque formidable… Alassane Ouattara fait sauter un ministre togolais sans parachute et c’est la France qui déploie le coussin de réception gonflable pour le réceptionner. Hier, critiquer le franc équivalait à manier de la dynamite. Hier, les pourfendeurs du franc CFA, paravent de la domination (post)coloniale, étaient systématiquement liquidés par la France. Aujourd’hui, elle ne s’oppose pas à ce qu’ils trustent des postes à la direction de la Francophonie à Paris et qu’ils s’en servent comme tribune pour dézinguer le système franc. Aujourd’hui, elle leur déroule de le tapis rouge à Bercy, comme le 7 mars dernier, où Kako Nubukpo a reçu le Prix de la francophonie pour son livre « L’envol de l’épervier – Le défi de l’émergence togolaise » lors de la 30e édition du Prix Turgot[8]. En prime, les chaînes de France Médias Monde, notamment RFI Afrique et France 24, lui déroulent le tapis rouge pour critiquer la servitude volontaire des dirigeants africains.

De plus, le leader de la fronde contre le franc CFA ne rase pas les murs à Paris. Il est même devenu la coqueluche de think tanks (Fondation Jean Jaurès[9] etc.) et autres universités françaises. Kako Nubukpo ne craint pas d’être enlevé en plein Paris, comme Ben Barka par deux policiers français, dont la disparition est restée un mystère et le corps introuvable depuis le 29 octobre 1965. Soit la France n’a cure d’une probable abolition du franc CFA, soit elle voudrait le laisser croire, ou soit elle tente de désamorcer la bombe Nubukpo. La première hypothèse, s’il faut en croire les déclarations de François Hollande[10] et d’Emmanuel Macron parait plus plausible. Pendant ce temps, comme un cheval de Troie dans la citadelle impériale, Kako Nubukpo en profite pour distiller son discours corrosif et alimenter les bassins d’une révolte en contrebas sur le continent. La France n’a-t-elle pas annoncé qu’elle prendrait simplement acte de la voie que les Africains auront décidé de suivre en matière de gestion monétaire au sein de la zone franc ? Pourquoi au lieu de manifester contre la Françafrique nous ne retournons pas nos pancartes contre les dirigeants africains afin qu’ils prennent leur responsabilité ? Et si Paris n’en avait rien à faire de la zone franc et des problèmes du continent ? On sait que la France est présente au Mali et en Centrafrique malgré elle et qu’elle est lasse de jouer les gendarmes en Afrique. Ça lui coûte trop cher en argent, en hommes et en image. Le paradoxe de la situation consiste à demander à l’oppresseur imaginaire de cesser son oppression au lieu d’exhorter l’opprimé à briser ses chaînes. À méditer.

     Voilà qui nous oblige à remanier nos grilles de lecture habituelles et les schémas explicatifs que nous plaquons mécaniquement quand il s’agit de rapports franco-africains. Frénétiquement, le chiffon rouge du néocolonialisme est brandi pour amputer la vue. Il sous-entend la reproduction à l’identique de l’hégémonie coloniale et de sa violence, de Jacques Foccart à nos jours. Cette pensée lisse ne voit que des continuums même là où il y a des ruptures, se crevant mentalement les yeux vis-à-vis des déplacements de sens, des décentrements de perspectives et des rebroussements de chemin. Elle préfère inventer une confrontation manichéenne simplifiée pour les besoins d’une démonstration à charge. Au besoin, on tordra le bras à certains faits et on fera tancer quelques indicateurs pour retrouver l’antagonisme essentialiste confortable.

  À force, ce mot valise est devenu un écran de fumée brandit pour s’obstruer la vision. Le zombie de la Françafrique, qui a survécu à ses multiples morts annoncées, revêt l’horreur morale de notre temps qui nous empêche de penser les dynamiques internes du continent. Sous ces miroirs déformants, le continent cesse d’être un sujet historique et ses dirigeants deviennent des ombres au fond de la toile. De simples marionnettes entortillées dans un filet d’intérêts inextricables et mues par des désidératas extérieurs. Des pans entiers du réel sont ainsi jetés dans le trou noir de la réflexion.

Et pourtant faire sauter Kako Nubukpo du gouvernement togolais a été une décision politique ivoirienne motivée par une rationalité économique manifeste. Les Africains sont les sujets de leur propre histoire. Défendre le statu quo actuel correspond aux intérêts de certains pays dans la zone franc. Certes, le champ d’action à l’intérieur de la zone est délimité par des acteurs extérieurs mais cela n’empêche pas les chefs d’État et les banquiers centraux africains d’avoir une marge de manœuvre et sous certaines conditions de changer le cadre. La zone franc, d’accès ouvert et libre, n’est pas non plus une prison. On y sort aussi facilement qu’on y entre.

  Mais là encore des faits alternatifs peuvent sauver la théorie de la servitude monétaire volontaire par une redistribution des rôles : avec Abidjan sous le képi du Bad cop et Paris dans le rôle du Good cop. Après tout Alassane Ouattara n’est-il pas l’homme lige de l’Elysée ? On en sortira jamais !

Geste retenu

Ouvrons la boîte de Pandore jusqu’au bout… Derrière l’unité apparente de la zone franc tapisse une diversité de pays aux structures économiques et intérêts divergents. Rien n’oblige les quatorze pays de la zone a convolé en justes noces après une éventuelle explosion/abolition du franc CFA. Israël, Singapour ou la Suisse ne font pas partie de grands blocs monétaires et ne s’en portent pas mal. En réalité, c’est plutôt la règle d’une devise par pays qui domine dans le monde. À cet égard, les zones franc et euro font figures d’exception. Il est important de noter que même au sein de l’Eurogroupe, de fortes pulsions exutoires s’exercent de la part de pays qui estiment avoir perdu d’importantes marges de manœuvres économiques en adhérant à la monnaie commune européenne. D’ailleurs, le spectre d’une explosion de la zone euro, encore impensable, il y a quelques années, est régulièrement brandi à chaque crise.

   En Afrique hors zone franc, la souveraineté monétaire n’est pas forcément absolue. Le cédi ghanéen doit ses chutes récurrentes à une dollarisation irrépressible de l’économie ghanéenne, contre laquelle le gouvernement tente de lutter sans succès durable. Le même phénomène est observable au Nigeria, en Egypte, en Afrique du sud, en Algérie et en Angola. Selon la Banque mondiale, entre 2005 et 2010, les monnaies respectives de ces 5 pays ont été dépréciées de 47%, 33%, 101%, 37% et 38% sous l’effet du dollar américain[11]. Nombre d’économies émergentes vivent sous un régime de dollarisation de facto résultant de la disparition des monnaies nationales, sous les coups de boutoirs de l’hyperinflation. La dé-dollarisation de ces économies mobilisent fortement les autorités en charge de la réglementation de la politique monétaire et de change au nom de réflexes souverainistes visant à la restauration de la monnaie nationale comme un attribut de la souveraineté. D’autre part, l’expérience du franc malien[12] créé en 1962, qui n’a pas survécu aux dévaluations successives de 1964 et de 1967, témoigne d’une tentative ratée d’exercice de souveraineté monétaire absolue par un pays africain francophone. Le franc malien étant non convertible, il n’était utilisable que sur le territoire national. Avec une telle machine à cash en main, le Mali s’est mis à faire fonctionner la planche à billet et à laisser filer l’inflation. Le pays a fini par retourner au franc CFA en 1984. Autres faits alternatifs : comme en Guinée, le franc malien aurait été torpillé par les officines secrètes de la Françafrique. C’est grotesque mais même la vérité n’est plus absolue, de nos jours.

    La souveraineté ne peut être que relative dans une union monétaire. Les maillons forts auront toujours tendance à dicter leur conduite aux maillons faibles. L’euro est en train d’étrangler les pays du sud de l’Europe (Grèce en premier) comme la Côte d’ivoire impose le statut quo monétaire à ses voisins dans la zone UEMOA. Business as usual. On dénonce la servitude monétaire au nom d’une souveraineté monétaire qui est plus rêvée que pensée. Il faudra sortir du bois sur ces questions de souveraineté monétaire. L’intérêt pratique de fustiger le zombie de la Françafrique à tout bout de champ, ce mort ambulant au cuir épais ressuscité pour inciter les Africains à serrer les rangs et justifier la noblesse de la cause, ne doit pas se payer du silence sur les alternatives à construire. Étant donné qu’on ne détruit que ce qu’on remplace, par quoi substituer l’ex-franc des colonies françaises d’Afrique ? Il se dessine deux lignes de suite et deux lignes de fuite :

  • Première ligne de suite : flexibiliser et ouvrir l’arrimage du CFA actuel à un panier de devises dont le dollar, le yuan chinois voire le yen japonais.
  • Deuxième ligne de suite : scinder et créer deux francs CFA pilotés séparément par la BCEAO et la BEAC.
  • Première ligne de fuite : créer une monnaie CEDEAO sous hégémonie de la Côte d’ivoire ou du Nigéria (soit un naira étendu à toute la sous-région) et éventuellement une monnaie commune en Afrique centrale.
  • Deuxième ligne de fuite : créer quatorze monnaies nationales suivant le principe de chaque pays sa monnaie.

Quatre solutions également légitimes et intellectuellement discutables afin d’éviter toute aventure ambiguë et de choisir une solution économe en déconvenues. Naturellement, le projet de monnaie commune africaine parait si incommensurable à ce jour que la prudence intellectuelle conseille de le classer dans la catégorie des serpents de mer. La politique n’étant pas la morale, l’inquisition ne doit pas remplacer l’instruction menée concurremment à charge et à décharge. Il ne faut pas croire naïvement que sacrifier le franc CFA sur l’autel d’un souverainisme béat va exorciser tous nos maux. Une union monétaire est toujours fondée sur de la discipline budgétaire et des critères de convergence qui sont définis par l’Etat ou les Etats les plus puissants ou influents. À l’image de la règle d’or européenne – inflation en dessous de 2%, limitation du déficit à 3% du PIB et de la dette publique à 60% du PIB- codifiée dans les critères de Maastricht et imposée par Berlin à ses partenaires européens. La souveraineté monétaire des pays francophones revendiquée à cor et à cri pourrait tomber sous les rets d’une nouvelle servitude volontaire sous la férule de la Côte d’ivoire (franc CFA d’Afrique de l’Ouest), du Nigéria (monnaie commune de la CEDEAO) ou encore de l’Afrique du Sud (monnaie commune de l’Union africaine -UA). Une situation qui n’incommoderait pas les anticolonialistes échevelés puisse que leur antiimpérialisme pigmentaire n’est allergique qu’à la seule couleur blanche. Comme on vient de le voir, souveraineté et union monétaires ne font pas toujours bon ménage. Il faut pouvoir regarder la réalité en face sans s’éborgner sur ces aspects dérangeants.

   À ce propos, les tenants de la thèse de la servitude monétaire volontaire nous ont fait avaler une série de couleuvres un peu trop grosses. Notamment sur le fait d’imputer l’absence de performance économique des pays francophones d’Afrique sur le compte exclusif du franc CFA. Alors même que de nombreux exemples et d’abondantes variables prouvent parfois le contraire. Le franc congolais n’accélère en rien le développement de la République Démocratique du Congo (RDC) engluée dans des crises politiques sans fin. Au surplus, le dalasi gambien, le dollar libérien (empressé au Etats-Unis), le franc guinéen ou le leone n’ont propulsé respectivement la Gambie, le Libéria, la Guinée et la Sierra Léone ni sur le sommet de l’Olympe de la croissance ni en tête de l’indice de développement humain (IDH). Que le Nigéria se porte mieux économiquement que le Niger, n’a aucun rapport avec le cours du naira ou le franc CFA trop fort, mais tout à voir avec les gigantesques richesses pétrolières du Nigéria, son dynamisme entrepreneurial et l’immensité de son marché intérieur. La richesse de l’Angola comparativement au Togo doit moins à son Kwanza qu’à la substantielle rente issue de l’exportation de son pétrole.

L’argument des 11 à 14 milliards de dollars de réserves de change déposées sur un « compte d’opérations » logé au Trésor français qui expliquerait le sous-dévéloppement de l’Afrique francophone et assurerait le rang de sixième économie mondiale à la France est arithmétiquement indéfendable. Le PIB de la France s’élevait à environ 2500 milliards de dollars en 2016. En cas d’explosion du franc CFA, faites la soustraction (2500 mds USD –  14 mds USD) et la France aurait toujours de quoi conserver son rang.

    Au demeurant, l’absence de parité fixe entre le naira et la livre sterling n’a pas empêché l’ex-ministre du Pétrole du Nigéria Diezani Alison-Madueke de détourner 153,3 millions de dollars de fonds publics. L’effondrement du Kwanza angolais n’empêche pas Isabel de Dos Santos, fille du président angolais, d’amasser d’immenses fortunes à l’extérieur du pays, deuxième producteur brut en Afrique derrière le Nigéria. Ou encore, le franc congolais n’empêche pas les Chinois de rapatrier leurs profits tirés de l’exploitation minière en RDC.  Tout n’est pas réductible à l’économique et la monnaie n’est pas une clé passe partout.

Le fétichisme économique

   Kako Nubukpo est un économiste tel que les autres chercheurs en sciences humaines et sociales les aiment. Il cite fréquemment l’anthropologue Marcel Mauss dans le texte – la monnaie est un « fait social total » -, tout en restant arrimé aux châteaux forts théoriques néokeynésien ou Friedmanien. En revanche, il pratique l’économie telle que les autres sciences sociales la détestent. En position hégémonique et totalitaire qui d’abstractions théoriques en corsets statistiques tente d’épuiser la chair du réel dans des tranches disproportionnées de camembert. Car en réalité, l’économie est une science molle qui aime jouer la dure.

   L’Afrique est une réalité délicate et fugitive qui échappe très souvent à la mise en ordre et en nombre. Quand on chausse les lunettes occidentales ornées d’indicateurs aveugles aux dynamiques du continent, on risque de manquer ses points aveugles et ses zones d’ombres (et zones de clarté). À titre d’exemple, on estime que les échanges intracommunautaires au sein de la zone franc piétineraient à 15 % contre 60 % pour l’Union européenne. Par-delà l’argument de l’extraversion de ces économies, ce taux soulève quelques problèmes méthodologiques.

(1) Première inquiétude : ce chiffre prend-il en compte l’écosystème englouti de l’économie informelle et la porosité des frontières qui laissent circuler d’énormes quantités de marchandises non comptabilisées.

(2) Deuxième inquiétude : face à des pays africains où l’économie est dominée par le secteur qualifié péjorativement d’informel, la comparaison avec les échanges formels intra-européens fait-elle raison ?

  Dans cette optique, l’économiste et philosophe sénégalais Felwine Sarr invite dans son Afrotopia (Philipe Rey, 2017) à la désoccidentalisation des instruments de pensée et de mesure, au décentrement du regard et à en finir avec l’économisme en la remettant à la place naturelle qui lui échoit : celle d’un ordre inférieur qui relève d’un moyen et non d’une finalité. Il y a chez Nubukpo et les frondeurs anti-CFA une surdétermination monétariste et un enveloppement dans des concepts occidentalocentrés, un peu moins rédhibitoire mais assez problématique. Doublée d’une façon désinvolte de déconsidérer la/le politique comme une variable d’ajustement de l’économique et pas l’inverse. Cette vision estimée de l’économie les expose à une appréciation inversée de la gouvernance des pays africains. S’il est vrai qu’il n’y a pas de corrélation entre démocratie et développement, on ne peut s’empêcher d’observer que celui-ci semble congruent à un minimum de bonne gouvernance. La Chine communiste ne serait pas la deuxième économie mondiale si le pays était mal géré. En d’autres termes, la survivance du franc CFA est plus un symptôme que la source du mal des pays francophones. Il faudrait inverser la perspective car l’urgence en Afrique n’est pas qu’économique mais d’abord politique. Si la gestion de la monnaie nous mène dans une voie d’impasse, ce n’est pas la seule faute d’une mauvaise gouvernance économique mais celle de la défaillance de gouvernement politique de la zone franc. Les libertés que se sont octroyées les banquiers centraux et leur inféodation au Trésor français ont été consenties par des chefs d’État qui se sont eux-mêmes liés les mains par des accords et des traités divers. Et cette inversion de la hiérarchie des ordres, qui met la politique à la remorque de l’économie, empêche l’avènement d’États véritablement stratèges en Afrique francophone, animés d’une volonté de développer ou d’accroître la performance et la compétitivité des entreprises nationales dans un monde globalisé. Ce basculement qualifié de néolibéral de l’économie mondiale, qui est tout sauf endémique, touche tous les pays du monde à des degrés divers.

  Ainsi lorsqu’en 2013, Kako Nubukpo, de façon généreuse et un peu naïve, choisit de se mettre au service du gouvernement togolais[13], qui ne brillait pas fort au classement 2016 de Transparency international sur la perception de la corruption (116ème place mondial) ni au tableau de la bonne gouvernance, il témoignait de sa croyance en la toute-puissance des forces économiques sur les pesanteurs du politique. Résultat des courses, il s’est retrouvé en bute avec un système politique togolais sclérosé et une Banque centrale hermétique à toute réforme. Malgré tous ses efforts, les forces d’inertie ont vite repris le dessus dès que Kako Nubukpo fut évincé en 2015. Le plan d’émergence économique du pays, « Vision Togo 2030 » qu’il a consacré des mois à rédiger, a depuis subi un enterrement de première classe. Passé par pertes et profits. Le Togo ne se fait plus d’illusions. La rhétorique de l’émergence économique s’est évaporée des discours politiques dans le pays. Chassez les pesanteurs politiques par la porte, elles vous reviennent par la fenêtre.

   Bref, autant sur son bilan au gouvernement togolais que sur l’épineuse question du franc CFA, croyait-il se jouer du système dont il n’a été que le jouet ? A-t-il été autre chose qu’une sorte de contestataire de service d’un système capable de secréter suffisamment d’anticorps pour le phagocyter et le neutraliser? Même si beaucoup d’éléments semblent l’indiquer, la victoire de Kako Nubukpo sur le système franc est ailleurs. Il a réussi le tour de force d’être plus qu’un grain de sable dans la roue d’une mécanique infernale. Il a réussi à ébranler le franc CFA alors que par le passé son évidence coulait de source. Il a réussi un coup d’éclat éditorial là où ses différentes casquettes de ministre et de fonctionnaire de la BCEAO ont échoué à faire bouger les lignes. Dorénavant, le franc CFA ne pourra plus être soustrait aux lois de la gravitation universelle mais soumis aux aléas de la conversation et de la délibération publique et démocratique. Les idées ne dominent pas encore le monde mais elles peuvent ébranler son assise et le faire péricliter. Pour le dire en termes marxiens, la théorie peut devenir une force quand elle s’empare des masses. Mais l’arme de la critique ne peut remplacer la critique des armes qu’à condition que la théorie affecte passionnellement les peuples. Présenter l’enjeu monétaire sous l’enchainement causal d’une simple servitude volontaire de politiques et de banquiers centraux reste manifestement une lecture très réductrice. Sauf à privilégier la controverse entre théoriciens de politiques économiques aux résultats tangibles qu’impliquerait un débat réellement démocratique sur la gouvernance monétaire des pays francophones d’Afrique. Pour le dire autrement, c’est privilégier l’éthique de conviction à l’éthique de responsabilité. En faire une simple démonstration de sa puissance intellectuelle et un déploiement de posture savante comme le fait Kako Nubukpo, pour parer au procès en torpillage et en incompétence[14] que lui font ses camarades de la BCEAO, plutôt que d’affronter la nécessité schumpétérienne de la « destruction créatrice » du franc CFA. Un dépassement de cette monnaie ne peut passer par-delà une politisation de son enjeu. Il pourrait constituer un point de clivage dans les jeux politiques nationaux.

   Par-delà ces apories, il faut reformuler la question plus radicalement… car qui aurait cru que l’alternative liberté dans la pauvreté contre richesse dans l’esclavage allait se poser à nouveau en ce début de XXIe siècle ? Près de soixante-dix ans après la création du franc CFA, l’Afrique francophone est de nouveau confrontée à ce qu’il convient d’appeler le dilemme de Sékou Touré[15] : la stabilité dans la « servitude volontaire » ou l’incertitude dans la souveraineté monétaire ? La liberté a un prix : la responsabilité. Il ne s’agit plus de redire « NON » au général de Gaulle mais, pour des Etats fringants cinquantenaires, de quitter le cocon colonial pour voler de leurs propres ailes. L’Hémisphère francophone du continent ne peut plus faire l’économie de cette interrogation fiévreuse qui brûle toutes les lèvres et qui peut être reformulée en termes d’une deuxième décolonisation de cette partie du continent. Une décolonisation mentale puisse que les chaines ne sont que dans les têtes. Une approche en termes de dilemme de Sékou Touré pourrait faire l’économie des listes noires et nous épargner d’inutiles chasses aux sorcières en appelant simplement à la démocratisation de la question monétaire. Démocratiser le débat sur le franc CFA c’est l’africaniser, en faire un enjeu national dans chacun des quatorze pays de la zone. La Françafrique est une entité trop évanescente et insaisissable pour être combattue efficacement. Alors même que le véritable adversaire c’est l’habitude, car des hommes n’ayant jamais connu la liberté ne peuvent avoir une idée de ce dont ils sont privés. Il faudrait donc s’en remettre à la vox populi en organisant un référendum conjoint sur une sortie ou non de la zone franc. Nul doute que le « OUI » l’emporterait ouvrant la voie à un débranchement de l’Afrique francophone du tramway nommé euro. Il n’y aura plus de retour en arrière possible, plus de filet de sécurité. Il nous faudra tracer tout seuls notre chemin. Nous devrons assumer pleinement les responsabilités sans pouvoir ni déléguer les tâches ni se défausser sur un introuvable bouc émissaire. Quand on dit que le franc CFA est trop fort, il faut entendre qu’il devrait être dévalué. Après le traumatisme de 1994[16], les indignados monétaires[17] vont-ils applaudir des deux mains une nouvelle dévaluation du franc CFA alors même qu’à l’époque ce sont les ménages pauvres qui ont trinqué et qu’ils ne se sont d’ailleurs jamais remis ?  La souveraineté vaut bien qu’on lui sacrifie nos dernières vaches sacrées ? Et dire que tout ça c’est pour la quête du Graal de la croissance.

Références : 

[1] http://www.liberation.fr/debats/2017/07/26/franc-cfa-un-vestige-de-la-colonisation-a-abolir_1586379

[2] Sylvanus Olympio était un homme politique et premier président de la République togolaise du 9 avril 1961 au 13 janvier 1963. Il est mort assassiné lors du coup d’État de 1963 par Gnassingbé Eyadema.

[3] Jacques Foccart, mort le 19 mars 1997 à Paris, fut le « Monsieur Afrique » des présidents français de Gaulle et Pompidou, soupçonné d’implication dans les assassinats de chefs d’Etat africains. Il fut l’un des architectes du système de la Françafrique grâce à ses puissants « réseaux Foccart ».

[4] http://news.icilome.com/?idnews=836012&t=kako-nubukpo-parle-de-son-depart-du-gouvernement

[5] https://lanouvelletribune.info/2017/05/kako-nubukpo-presente-excuses-a-ouattara/

[6] https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.MKTP.KD.ZG?locations=CI

   http://databank.banquemondiale.org/data/reports.aspx?source=2&series=NY.GDP.MKTP.KD.ZG&country=CIV

[7] https://donnees.banquemondiale.org/indicator/NY.GDP.MKTP.KD?locations=CI-TG

[8] https://www.economie.gouv.fr/7-mars-30e-prix-turgot

[9] https://www.youtube.com/watch?v=tcap4lfKUYA&t=2392s [lien vers la page Youtube de la Fondation Jean-Jaures]

[10] http://afrique.latribune.fr/politique/integration-regionale/2017-03-20/franc-cfa-hollande-renvoie-la-balle-dans-le-camp-des-chefs-d-etat-africains.html

[11] https://www.howwemadeitinafrica.com/us-dollar-putting-africa-risk/

   https://www.imf.org/external/pubs/ft/dp/2015/afr1504.pdf

[12] http://www.maliweb.net/histoire-politique/la-reforme-monetaire-de-1962-l%E2%80%99histoire-secrete-du-franc-malien-les-grandes-emeutes-et-leurs-repressions-violentes-1365.html

[13] Sous l’autorité de Faure Gnassingbé, actuel président de la République du Togo, depuis février 2005. Il a pris la suite de son père, le général Gnassingbé Eyadema, qui lui-même a dirigé d’une main de fer le Togo depuis son coup d’Etat militaire du 13 janvier 1967.

[14] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/08/29/kako-nubukpo-le-franc-cfa-asphyxie-les-economies-africaines_5177907_3212.html

[15] Ahmed Sékou Touré, né le 9 janvier 1922 à Faranah en Guinée française et mort le 26 mars 1984 à Cleveland, est le premier président de la République de Guinée, en poste depuis l’indépendance obtenue de la France en 1958 jusqu’en 1984.

[16] Le 11 janvier 1994, le gouvernement français d’Édouard Balladur décide courageusement de dévaluer de moitié le franc CFA.

[17] C’est-à-dire les protestataires et les pourfendeurs du franc CFA de tous les bords

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