TOGO | RÉFORMES, UN PIEGE À CONS ?

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Et si l’opposition togolaise faisait provisoirement le deuil de la limitation du nombre de mandat, pour renouer avec un certain pragmatisme politique ? Car c’est bien connu, la procrastination n’est pas une vertu en politique, mais le propre d’une politique de l’autruche c’est de se focaliser sur la finalité au détriment de moyens, de délaisser le nécessaire pour poursuivre l’accessoire, lâcher la proie pour l’ombre. Voilà dix ans, si on se réfère au jalon de l’APG de 2006 ; quatorze ans si remonte à la révision de la Saint sylvestre 2002 ; que l’opposition court derrière ce mirage. Résultat des courses : ni limitation des mandats, ni non plus alternance au sommet de l’Etat. Un zéro pointé sur les deux tableaux. Dans ces conditions, ne faudrait-il pas songer à limiter les pertes dans une bataille qu’on est sûr de perdre ? Battre en retrait sur les réformes, n’est pas battre en retraite politiquement. Démocratiser l’élection et explorer des stratégies efficaces de conquête du pouvoir peuvent bien être menés de concert. Pourquoi cette fixation exclusive sur les réformes ?

Aussi, toute la société togolaise devrait dessiller les yeux et prendre conscience que les réformes sont agitées comme un miroir aux alouettes par le pouvoir de Lomé II. Au fond, l’équation actuelle est réductible à trois questions à plusieurs inconnus : Le pouvoir a-t-il la volonté de réformer ? L’opposition a-t-elle les moyens de l’y contraindre ? Les réformes assureront-elles l’alternance ?

  1. Dits et non-dits

  En l’état actuel des rapports de force, qu’on le veuille ou pas, les réformes dépendent d’un seul homme, qui se trouve être la clé de voute du système politique togolais : le chef de l’Etat. Il a toutes les cartes en main : une majorité parlementaire absolue, une prééminence totale sur les institutions, une pression interne faible et une pression extérieure négligeable. Va-t-il, alors même que rien ne l’y contraint, concéder ces réformes ? Si oui, jusqu’à quel degré ?

 Ce chef de l’Etat togolais qui cultive l’art de la discrétion et qui excelle dans l’économie de mots, est « un mystère à l’intérieur d’une énigme » pour être un tantinet churchillien. Il faudrait une armée de psychologues pour sonder les pensées de ce solitaire hermétique qui ne laisse rien transparaître de ses émotions. Ses déclarations publiques s’égrènent au compte-goutte. L’interview qu’il a accordée à la DW en juin 2016, nous a livrée plus sur le fond de sa pensée que toutes ses adresses à la Nation togolaise depuis onze ans. Mais là aussi, rien d’explicite… car avec lui tout est dans le non-dit et le sous-entendu. Langue de bois, forever.

Pour ceux qui espéraient une clarification, la déclaration de Faure Gnassingbé à la radio allemande DW, a eu pour seul mérite de rajouter une couche de brume supplémentaire sur la toile de maître de l’art abstrait qu’il peint depuis 2006. Interviewé par une journaliste de la radio allemande sur le syndrome de réformite constitutionnelle aigüe et sur la problématique des troisièmes mandats sur le continent africain, le chef de l’Etat togolais a entretenu un flou artistico-politique, dont lui seul détient le secret. Comme dit la formule, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ».

« Je m’interroge […] de savoir si on peut appliquer la même règle à tous les pays ou pas ? » a-t-il lâché avant d’ajouter que « le débat est lancé ». En français facile, Faure Gnassingbé voudrait, un quart de siècle après le discours de La Baule, mettre en débat (ou en cause) l’idée même de la limitation du nombre de mandats présidentiels. En toute humilité et sans arrière-pensées précisait-il : « Je pense que si on uniformise toutes les constitutions en disant que tout doit être limité à deux mandats on aura des problèmes, il y aura des problèmes ici où là. Parce que nous n’avons pas les mêmes situations, les mêmes histoires. » En prolongeant un peu sa réflexion, on déduit que Faure Gnassingbé est favorable à l’idée de Constitutions à la carte et n’envisage pas d’horizon possible de nivellement par le haut des textes que ce soit au niveau régional ou continental. À chacun selon son goût, n’en déplaise à l’alternance ! Cette déclaration qui aurait pu être prononcée, mot pour mot, par Yahya Jammeh, révèle la convergence de vue entre le président togolais et le fantasque dictateur gambien, qui font figure de canards boiteux de la Cédéao. Les deux hommes ont fait obstruction à un projet de résolution de l’institution sous-régionale visant à harmoniser le nombre de mandat présidentiel en 2015… À Accra en mai 2015, Faure Gnassingbé avait refusé de signer le projet de protocole initié par la CEDEAO consistant à limiter dans tous ses Etats membres les mandats présidentiels à deux. D’Accra à Berlin, il a donc fallu attendre près de deux ans pour avoir l’explication de texte : au Togo « nous n’avons pas les mêmes situations, les mêmes histoires » que le Burkina Faso, le Ghana ou le Bénin qui envisage de passer à la formule du mandat unique. Il a raison, Faure Gnassingbé, nous avons tout en commun avec la Gambie de Yahya Jammeh. À bon entendeur, salut !

On a envie de dire au président togolais, qui semble ne pas comprendre les règles élémentaires de la démocratie électorale et représentative, que la limitation du nombre de mandats et les élections concurrentielles à intervalle de temps réguliers servent à encourager l’alternance au sommet de l’Etat. Et si le « principe de l’alternance » est un trop gros mot pour lui et pour certains de ses détracteurs ? ça ne veut pas dire une transmission du pouvoir de père en fils, mais la conquête successive du pouvoir par des tendances politiques différentes, à la suite d’élections transparentes. Bref, le contraire de son accession sulfureuse au pouvoir en 2005 en dépit de l’ordre constitutionnelle et à l’issue d’élections contestées et contestables – et son maintien depuis. Mais voilà, pour Faure Gnassingbé, limiter le nombre de mandat présidentiel à deux, c’est risqué de perdre le pouvoir et de faillir à la promesse faite à « Papa » -Eyadema- « de ne jamais laisser le pouvoir nous échapper ». On se frotte les yeux !

  1. Les réformes sont nécessaires, mais…

Au Togo, il y a eu trop de rendez-vous manqués avec l’histoire. Malheureusement, elle ne prévoit pas de session de rattrapage. La question des réformes a toujours été un enjeu de rapport de force et de calendrier. Plus la question tarde à être soldée, plus le sanglot de l’opposition se poursuit. Le pays n’avait jamais été si proche de réaliser ces réformes qu’à la suite de l’APG de 2006. Cet accord fixait les cadres d’un donnant donnant – légitimation du coup de force électoral de 2005 contre une cure drastique de réformes- qui n’a pas été tout à fait respecté. On ne va pas refaire l’histoire. Même si les responsabilités sont diversement partagées, le statut quo continue de faire les affaires du pouvoir.

 Au fil des années, on observe même une inflexion sensible de vocabulaire qui reflète une dilution graduelle de la pression sur le pouvoir, et donc une inversion du rapport de force. En dix ans, on est passé d’un « accord » obligatoire à des « recommandations » moins contraignantes ; puis à des « points de convergence » laissés à l’appréciation d’une hypothétique Commission des réformes. De l’accord politique global de 2006 à l’atelier du HCRRUN des 11-15 juillet 2016, en passant par le moment de catharsis nationale que fut la CVJR, le régime n’a cessé de jouer la montre. Le temps est une denrée précieuse en politique et le pouvoir RPT/UNIR sait y jouer. Le ton timide des conclusions de l’atelier du HCRRUN contraste nettement avec la surenchère politique dont l’opposition a fait preuve jusqu’ici. Point n’a été question de limitation de mandat « avec effet immédiat », tout juste il a été convenu, dans l’optique de la consolidation du processus démocratique d’un « respect des délais constitutionnels » et du « réajustement du régime politique ». Une façon élégante d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil du « principe de rétroactivité » et de donner dix ans de plus à Faure Gnassingbé après ses quinze années déjà engrangés. Adieu, la contrainte ! Une victoire totale pour la majorité présidentielle. À cet égard, on comprend l’empressement de certains pontes du régime à déclarer la caducité de l’APG de 2006. La température dans le bocal politique national s’est complètement inversée. La montagne du HCRRUN a accouché d’une toute petite souris : des déclarations d’intentions, pas le début d’une feuille de route de mise en application, ni une once de contrainte de temps ou d’amplitude. Les courants politiques de l’opposition présents (CAR, ADDI, NET, MRC, PDP, MCD, OBUTS …) à l’atelier n’ont rien trouvé à redire. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? On est en droit d’en douter. Quand ? Comment, les réformes ? Le patron du CAR Dodji Apévon s’est contenté d’un candide : « j’ose espérer qu’ils n’ont pas organisé cet atelier pour faire de la figuration ». François Kampatib, Conseiller du président de l’ADDI, a sobrement déclaré : « Je ne suis pas un devin. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui que la bonne foi du gouvernement est garantie » . Aveu d’impuissance et méthode Coué. Le ridicule ne tue pas !

 L’ANC, certes, n’était pas présente à l’atelier, mais son absence vaut à un acquiescement. Ne serait-ce, parce que le « cavalier solipsisme » ou le « boycottisme » politique ont prouvé leurs limites dans ce pays. On en veut pour preuve, le fait que le boycott des législatives d’octobre 2002, a facilité l’excision de la Constitution de 1992.

Quand on se souvient qu’on a failli obtenir cette même limitation des mandats à deux, sans effet rétroactif, en juin 2014 à l’Assemblée nationale ; c’est à se demander si on avance à reculons dans ce pays. L’histoire politique togolaise est parsemée de ce type d’actes manqués que le régime a toujours su tourner à son avantage. Depuis dix ans, la partie semble très mal engagée pour l’opposition, mauvaise joueuse. Elle mise gros et perd à tous les coups. À chacune de ses erreurs, Faure Gnassingbé engrange dix ans de pouvoir en plus. Et le drame c’est que l’opposition met tous ses œufs dans un seul panier. Entre deux élections, elle concentre toute son énergie dans le combat en faveur des réformes et relègue le reste du travail politique au second plan. Toujours la seule et même rengaine : réformes ! réformes ! Sans songer à hiérarchiser ses objectifs : réformes avant alternance ou alternance puis réformes ? Pour le moment, elle n’en obtient aucune.

Elle se complait dans l’incantation plutôt que dans l’action et la critique de la politique du gouvernement. Elle s’égare dans la surenchère alors même qu’elle ne délivre que des chèques en bois. Incapable d’imposer quoi que ce soit au régime, elle subit les contrecoups de ses échecs. Elle a délaissé le pragmatisme, cette politique qui calcule les moyens et les adapte aux fins ; pour l’idéalpolitik, une occultation de la réalité au profit d’un idéalisme béat. Cette politique hors-sol lui fournit des arguments pour excuser ses échecs répétés et des boucs émissaires pour justifier son incurie. Si nous avons été battu, ce n’est pas de notre faute, c’est à cause de la fraude, c’est à cause de l’illimitation du nombre de mandat, c’est à cause de scrutin à un tour etc…

  1. … ne garantissent pas forcément l’alternance

D’abord, il faut démonter deux fausses bonnes idées communément admises au Togo : la limitation du nombre de mandat à deux et le scrutin uninominal majoritaire à deux tours assureraient l’alternance à moindre frais.

Si c’est Faure Gnassingbé la tête de gondole, l’opposition peut grâce à la limitation du nombre de mandat l’écarter du fauteuil présidentiel, mais pas forcément du pouvoir. Pour les antifauristes qui résistent à s’en convaincre, la limitation du nombre de mandat ne signifie pas automatiquement l’alternance. Comme en Russie, Faure Gnassingbé peut très bien faire un ticket à deux, au terme de la limite constitutionnelle apposée, à la Poutine/Medvedev, pour rester chef du Gouvernement et ensuite faire changer le régime politique et concentrer le pouvoir entre les mains du Premier ministre. Miser sur la Constitution ou bâtir une stratégie de conquête du pouvoir sur une inimitié personnelle est un pari très hasardeux.

La fascination qu’exerce le scrutin uninominal majoritaire à deux tours cache une réalité ambivalente. Son potentiel politique, en terme d’alternance, est largement surestimé. La garantie d’une alternance tient du 50/50. Il arrive que cela marche comme au Sénégal ou au Bénin – encore que le président sortant n’était pas candidat- et aussi que cela échoue comme au Tchad, au Niger et au Congo récemment. La combine est connue de toutes les forces d’opposition : signature d’un accord de désistement mutuel en faveur du mieux placé des candidats de l’opposition au second tour, ce qui les exonère d’un improbable rassemblement au premier tour. Sur le papier ça à l’air facile, mais les chefs d’Etat sortant ont trouvé la parade. Il leur suffit de passer en force dès le premier tour – Deby et Sassou en 2016- pour faire barrage au tous contre un du second tour.

Le pouvoir, avant de l’exercer, il faut le conquérir. Et pour le conquérir, à moins de le prendre par les armes, il faut en passer par les urnes. Pour véritablement écarter le système RPT/UNIR du pouvoir, il faudra le défaire électoralement. Pour gagner ce combat, l’opposition doit exiger une démocratisation des procédures électorales, à défaut, développer des stratégies antifraudes et de compilation des résultats efficaces. Au Togo, la  seule et véritable clé du pouvoir réside dans la réforme de la CENI. L’expérience a montré qu’il ne sert à rien de crier à la fraude, il faut pouvoir la prouver.

La Constitution ne se substituera jamais au suffrage universel et sa réforme ne réussira pas là où le vote a, jusqu’à présent, échoué. Si l’hirondelle constitutionnelle n’annonce pas le printemps, c’est parce que l’alternance des saisons politiques n’a pas grand-chose à voir avec les textes fondamentaux, plutôt avec l’arithmétique électorale. La limitation du nombre de mandat présidentiel et le scrutin à deux tours ne dispensent pas l’opposition de la nécessité de bâtir une alternative crédible face au régime en place. Elle doit, en plus d’endiguer la fraude, articuler un discours politique fédérateur et persuader l’électorat de l’avantage comparatif de son avènement au pouvoir en terme de bonne gouvernance, d’emplois, de stabilité politique, de protections sociales et des libertés etc… Etrangement, même à ce jeu-là, le pouvoir semble mieux réussir que l’opposition togolaise.

  1. Tel père, tel fils ?

On assiste depuis 2010 à un déclin politique irrépressible de l’opposition togolaise. Une popularité évanescente. Une incapacité chronique à endiguer l’adversaire. Une impuissance à mobiliser le peuple. Après avoir connu son âge d’or dans les années 90, elle peine à prendre la mesure de la politique au XXIe siècle. Le millénaire a commencé au Togo, le 5 février 2005, avec la mort d’Eyadema Gnassingbé. Avant 2005, nous vivions sous une dictature rigide. Après 2005, nous vivons sous une démocratie tiède. Pour l’opposition, Eyadema était un adversaire bien commode à combattre, il cumulait tous les défauts et avait peu de qualités. Avec ses airs de Koyaga, le personnage du président-dictateur qu’il a inspiré à Ahmadou Kourouma dans son roman En attendant le vote des bêtes sauvages (1998), il était plus habile avec la gâchette qu’habitué des joutes politiques et électorales. Face à lui, l’opposition pouvait se contenter de scander des slogans comme « à bas la dictature ! » ou « vive l’alternance ! » et laisser ces formules infuser et faire leur effet dans la population. Encore que, les mots n’ont pas réussi à venir à bout de l’homme aux lunettes noires, il est mort de sa belle mort en février 2005.

Même si Faure Gnassingbé partage, sans doute, le même patrimoine génétique que le général-président, il n’a pas hérité de toutes ses tares. Les surprises de la génétique et son parcours personnel l’ont distingué nettement de ce père qu’il s’efforce de « tuer » au sens freudien du terme. Entouré par une armée de communicants, il a révolutionné la politique au Togo. En liquidant l’ex-parti unique (RPT) dès 2012 ou en battant campagne sous son prénom – « Faure » au lieu de « Gnassingbé », UNIR à la place du RPT- en 2010 ou en 2015, il a su ringardiser ses challengers. Il prouve par, sa présence sur Facebook et twitter, qu’il a su intégrer les codes de la communication politique moderne. Sa relative jeunesse et son côté branché sont surjoués pour amplifier l’effet que l’âge n’a pas manqué d’avoir sur l’avant-garde des opposants d’hier, qui se refuse aujourd’hui d’être reléguée aux arrière-cuisines. La tentative de comeback d’Agboyibo à la tête CAR illustre de manière pathétique cette fâcheuse réticence des leaders historiques à passer le témoin à des lieutenants pas si jeunes que ça. « Miabé » Faure a su cultiver sa différence et se forger une personnalité aux antipodes de l’image que les Togolais avaient de son Général de père. Même sa timidité apparente contraste avec l’exubérance de son père, et son effacement cathodique jure avec le côté boulimique de l’image et la mise en scène télévisuelle permanente de son géniteur. Dans sa gouvernance, il n’est pas dans la duplication mais dans le contre-pied de son prédécesseur. L’un saturait l’espace médiatique, l’autre semble fuir les caméras et les micros.

L’opposition doit se rendre à l’avis que Faure n’est pas que « fils de » Eyadema. Il faut le combattre avec d’autres méthodes que des slogans creux, tout droit, sortis des archives des leaders du COD II dans les années 1990. Il n’est assurément pas encore le dictateur qu’était son père, il gouverne autrement et c’est un habile manœuvrier politique.

Depuis onze ans, avec le système RPT/UNIR hérité de son père, Faure Gnassingbé gouverne, impose sa marque et affermit son régime. Pendant ce temps, l’opposition revendique, réclame et exige des réformes…mais ne planifie plus, ne fait plus véritablement de Politique.

De LA Politique au sens premier du terme, au sens de concevoir des stratégies de conquête du pouvoir à travers la mise au point d’un discours intelligent dosant, à bonne proportion, tous les ingrédients du combat politique. Il faudrait que ses leaders cessent d’être des spectateurs vautrés dans leurs canapés à subir les évènements pour redevenir des acteurs politiques. Qu’ils renouent avec le terrain politique et les petites gens, au lieu d’écumer les studios radios et de s’adonner à de vains pugilats sur des plateaux télés. Une politique de conquête, c’est celle qui construit l’opinion et instruit le public, c’est celle qui propose un rêve d’avenir radieux au Togolais. Car il y a une meilleure façon de faire la politique que de tomber dans le cliché de la confrontation manichéenne entre pouvoir/opposition, dictature/démocratie, eux/nous. Il lui faut forger un logiciel politique inclusif ou le passé et l’avenir du pays se réconcilient.

Faire de La Politique de conciergerie, celle qui consiste à balayer devant sa porte, à s’occuper d’abord de la tige dans son œil avant de pointer du doigt la poutre dans l’œil de l’adversaire. Le manque de moyens ne doit servir d’alibi pour masquer la panne d’imagination. Faire une politique pragmatique c’est rompre avec le bouc émissariat pour faire son autocritique, faire l’inventaire de ses échecs et en tirer des leçons pour l’avenir. C’est former des militants aguerris politiquement et intellectuellement. C’est démocratiser les partis politiques de l’opposition, au lieu d’offrir le spectacle de formations en éternel éternuement. Ce n’est pas un hasard si les trois principaux partis de l’opposition ont du mal à sortir de l’adolescence politique. L’ANC est née d’une carence démocratique au sein de l’UFC, et le CAR est au bord de l’implosion.

Si cette génération d’opposants ne se réforme pas d’urgence et ne réinvente pas ses pratiques, elle n’accèdera jamais au pouvoir. Ces leaders de l’opposition devraient prestement se dépêtrer des méli-mélo de cuisines internes pour proposer un menu consistant aux Togolais.

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