PANAMA PAPERS | DES AFRICAINS AU CŒUR DES CIRCUITS OFFSHORE

L’affaire « Panama Papers » en chiffres… c’est 11,5 millions documents, 2,6 téraoctets de données provenant des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca. L’enquête s’apparente à un véritable travail de fourmis. Quelque 370 journalistes de 107 rédactions dans 76 pays coordonnés par le Consortium international des journalistes d’investigation (CIJI).

A titre de comparaison, il s’agit pour le site de BBC Afrique, de « la fuite la plus massive de l’histoire du journalisme, dix fois plus importante que le dossier Offshore Leaks révélé en 2013 ».

En Afrique, l’affaire « Panama Papers » éclabousse autant des politiques que des hommes d’affaires qui ont soustrait aux fiscs de leur pays des milliards de Fcfa dissimulés dans des sociétés écrans à l’étranger. Une quinzaine de pays africains seraient concernés par cette vaste affaire d’évasion fiscale.

Plus de proches que de présidents eux-mêmes… seul le nom d’un ancien président soudanais, Ahmad Ali al-Mirghani décédé en 2008 est ressorti. Au rayon des fils de chefs d’Etat ont a pu noter celui d’un fils de l’ex-chef de l’Etat Egyptien Hosni Moubarak, ou l’aîné du l’ex-président Ghanéen John Kufuor. Mais également, la veuve de Lansana Conté, un neveu de Jakob Zuma ou encore la sœur jumelle du président congolais et députée de RDC Jaynet Désirée Kabila Kyungu.

Une dizaine de ministres et hauts fonctionnaires sont également cités. Notamment Abdelslam Bouchouareb, ministre algérien de l’Industrie et des Mines, Emmanuel Ndahiro, ancien directeur du renseignement rwandais, ou encore Bruno Jean-Richard Itoua, ministre de la Recherche du Congo-Brazzaville.

Plus symboliquement, la première fortune d’Afrique apparaît également dans la liste noire de « Panama papers ». Les noms d’Aliko Dangote et de son neveu, Sayyu Dantata serait rattaché à celui de la société pétrolière Ovlas Trading SA enregistrée en 2003 par Mossack Fonseca aux îles Vierges britanniques.

Malgré le tintamarre international, c’est pour le moment motus et bouche cousue sur le continent noir, alors même que des chefs de gouvernements vacillent et que plusieurs pays ont ouvert des enquêtes pour blanchiment dans la foulée sur le vaste système d’évasion fiscale impliquant des hommes d’affaires mais aussi de hauts responsables politiques et des sportifs.

Plusieurs ONG anti-corruption ont appelé à l’interdiction pure et simple des sociétés écrans anonymes, à l’instar de Transparency International pour qui elles représentent « le côté obscur du système financier mondial ».  L’affaire du Panama Papers n’en est qu’au début, elle pourrait lever le voile sur un réseau qui va bien au-delà de la simple entreprise mise en cause.

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