BENIN | ATTERRISSAGE EN DOUCEUR D’UNE ELECTION A HAUTS RISQUES

dépouillement-poste-Zinsou

Seul quasiment contre tous, l’arithmétique électorale défavorable et les calculs politiques ont eu raison des ambitions présidentielles du premier ministre lionel zinsou.

Bon perdant, il a poussé la galanterie politique jusqu’à féliciter son adversaire, quelques heures à peine, après la fermeture des bureaux de vote. Et c’est donc Patrice Talon qui devrait selon toute vraissemblance succéder à son pire ennemi, Thomas Yayi Boni. Epilogue insolite d’une élection de tous les dangers.

Enseignements d’un atterrissage en douceur d’une élection à hauts risques.

Un écart significatif…

190 voix pour Patrice Talon contre 100 pour Lionel Zinsou dans le propre bureau du dernier premier ministre de Boni Yayi. De quoi refroidir les ardeurs du géant au pied d’argile qui a montré des fébrilités au cours du débat de l’entre-deux tours le 17 mars dernier. Contre toutes les attentes, il était tombé sur Patrice Talon assez pugnace.

Les 100.000 voix d’avance du premier tour n’ont pas permis de contenir le rouleau compresseur de la coalition de la rupture (qui a rassemblée plus d’une vingtaine d’adversaires parmi les battus de premiers tours).

Selon Des projections sortis des urnes portant sur 3% des suffrages et avancés par l’Institut béninois de sondages, 64,8% des voix se seraient portés sur Patrice Talon contre 35,2% pour Lionel Zinsou. Le report des voix des poursuivants (ABT, PIK et Ajavon) n’est pas pour rien dans cet écart qui net de 2/3 des suffrages exprimes pour le vainqueur.

Une élection incontestable…

Le flair play politique de lionel zinsou, qui a su gérer avec élégance sa défaite en appelant son adversaire pour le féliciter, tranche sur un continent où les hommes politiques préfèrent jouer la mauvaise foi ou la pyromanie plutôt que reconnaitre leurs défaites.

Mais un coup de fil ne peut pas rayer d’un trait de plume les ratés du processus électoral : le report du premier tour, les problèmes de confection et de distribution des cartes d’électeurs et autres dysfonctionnement de la CENA et du Cos-Lépi ..

Les organes de gestions élections devront revoir leurs logiciels pour les prochaines échéances électorales.

Un rejet massif du président sortant

Lionel zinsou accusé d’être un politicien « venus de France » et « made in France » n’aura pas réussi à casser l’image de « candidat parachuté » qui lui colle à la peau et à prendre suffisamment de distance vis-à-vis du très impopulaire président sortant, Thomas Boni Yayi. L’opposition a réussi son coup en faisant passer l’élection pour un référendum contre Yayi Boni. La défaite de Lionel zinsou s’apparente aujourd’hui à un vote de rejet du système boni yayi contre lequel une forte coalition de rupture s’est constituée.

Plus de peur que de mal…

Le bénin conserve son rang de démocratie exemplaire de la sous-région ouest-africaine. Mais en élisant un richissime homme de d’affaires, « magnat du coton » emmené par une coalition hétéroclite (composée de technocrates et de marchands de soupe)  contre un énarque franco-béninois, banquier d’affaires, le Bénin ne risque-t-il de devenir une ploutocratie dominée par des oligarques ?

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