RETRO 2015 | GEOGRAPHIE DE LA TERREUR : LA CARTE DU MONDE DU TERRORISME EN 2015

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LA RESISTIBLE EXPANSION DU DOMAINE DE LA TERREUR. 2015 ou l’an 1 du Califat. Depuis sa proclamation en juin 2014, la multinationale du terrorisme baptisée Etat Islamique – ou Daech pour les intimes – n’a cessé d’étendre ses franchises à travers le monde. Grace à des ralliements comme celui du Groupe Boko Haram, – la start up terroriste du Nigéria – qui a prêté allégeance dès mars 2015 où ceux de combattants étrangers, – de lumpendjihadistes et de loups solitaires – agissant depuis ou venant d’Europe, d’Amérique du Maghreb et du Moyen-Orient.

De juin 2014 à ce jour, l’organisation terroriste la plus riche du  monde – avec ses 2 milliards de dollars de recettes annuelles – a été la plus meurtrière en 2015. Le pseudo-Etat à la bannière noire a revendiqué près d’une centaine d’attentats et d’exécutions d’otages, commis par ses combattants et ses diverses « filiales » à travers le monde. Des spectaculaires comme celles de Paris, de Tunis aux attaques ordinaires aux frontières du Nigéria, du Cameroun et du Tchad. Signe de son influence grandissante, le patron Abu bakr Al Baghdadi a même réussi à se hisser à la deuxième place du classement de la personnalité Time de l’année 2015.

En expansion continu de son emprise et du domaine de sa terreur, le terrorisme et la crise des migrants auront dominé la une de l’actualité mondiale. Cartographie du terrorisme en 2015…

LE TERRORISME DOMESTIQUE DE BOKO HARAM

Les paroles de Buhari et les actes terroristes d’Abubakar Shekau. Elu à tête du Nigéria – première puissance économique et démographique du continent – sur la promesse d’éradiquer le groupe Boko Haram, Muhammadu Buhari n’y est pas parvenu en 2015. Durant des mois, le groupe Boko Haram n’a eu de cesse de multiplier les attaques et les attentats-suicides contre les villages nigérians de la région de Maiduguri, situés aux abords du lac Tchad, fief de la secte islamiste.

La banalité du mal s’est exportée dans les pays voisins du Nigéria au fur et à mesure que les contours de la coalition militaire mixte des Etats de la région contre le groupe prenaient forme. Malgré la volonté politique affichée et l’optimisme du président tchadien Idriss Déby Itno, qui a annoncé de façon un peu péremptoire la fin du terrorisme dans la région et la défaite du groupe Boko Haram.  Abuja au Nigéria, N’djamena au Tchad, Kolafata dans le nord du Cameroun seront les théâtres d’attentats-suicides meurtriers. En 2015, les différentes attaques du groupe d’Abubakar Shekau auront provoqué des milliers de victimes et autant de blessés à travers tout le continent.

Le Cameroun va perdre son image d’îlot de paix au milieu d’une région plus que jamais dans l’œil du cyclone islamiste, et l’armée tchadienne après son épopée victorieuse au Mali s’est montrée impuissante à écraser le groupe nigérian.

L’asymétrie du conflit, le mode opératoire atypique et l’ultraviolence des actions ont révélé les métastases de l’islam – soufi, malikite ou didjiane – traditionnel africain dont la porosité à l’islam fondamentaliste importé du Moyen-Orient ne fait plus aucun doute.

Un peu plus au nord du Nigéria, le Mali livré aux aventureux du Djihad venus de la Libye, en voie de désintégration avancée depuis la chute de Mouammar Kadhafi ont continué de semer la terreur de leur côté. Malgré la signature d’un accord de paix entre Bamako et un certain nombre de groupes azawadiens, le pays a été durement frappé par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune le 15 novembre 2015 dernier. L’attaque de l’hôtel Radison Blu a fait une dizaine de victimes.

L’autre pays durement frappée fut la Tunisie. Les attaques du Bardo en janvier puis celui de Sousse ont ciblé l’industrie touristique de  la seule démocratie du Maghreb en plein cœur. Cible facile, du fait de sa proximité avec le volcan libyen et le grand nombre de ressortissants tunisiens qui gonflent continuellement les rangs de l’Etat islamique. La génération Facebook dite libérale et pro-démocratie, tête de proue de la révolution du Jasmin aurait-elle cédée aux sirènes de l’islamisme planétaire.

L’EFFET KOBANE

Dès aout 2014, suite à la découverte d’une vidéo terrifiante montrant la décapitation du journaliste américain James Foley, les Etats-Unis annoncent la formation d’une coalition internationale contre les djihadistes. Dix pays occidentaux, dont la Grande-Bretagne, en constituent le « noyau dur ».

Le 23 septembre 2014, les Etats-Unis étendent leurs raids à la Syrie, contre des positions de l’Etat islamique, dans les provinces de Daïr az Zour et de Rakka, capitale du proto-Etat Islamique.

Dix jours plus tôt commençait la bataille de Kobané, ville située à la frontière turco-syrienne, âprement défendue par les troupes kurdes des YPG et du PKK. Elle se soldera par le premier revers militaire qui marqua la fin de l’expansion de l’organisation au nord de la Syrie. En janvier 2015, la progression du groupe est stopper net en Syrie grâce au courage des kurdes et à l’appui aérien des occidentaux.

Malgré les revers politique, l’attrait pour le Califat grandit et dépasse les frontières. L’organisation de l’EI commence par essaimer au Moyen-Orient et en Afrique du nord. En Egypte, le groupe Ansar Baït al Makdis qui multiplie les attaques meurtrières contre les forces de l’ordre, prête allégeance à al-Baghdadi. Au même moment, la branche libyenne de l’organisation gagne du terrain à Derna et Syrte.

Summum de l’intolérance religieuse, le 15 février 2015, l’EI publie une vidéo montrant l’exécution de 21 chrétiens égyptiens sur une plage de Libye.

Toujours en février, l’EI lance sa guerre contre la culture et les civilisations pré-islamiques dans le Moyen-Orient. Des destructions volontaires dans le musée archéologique de Mossoul, provoquent un torrent de condamnations internationales.

Sa guerre contre la culture, l’EI l’exporte le 18 mars en Tunisie, par un attentat dans le musée du Bardo de Tunis qui a fait 23 morts.

Le 17 mai 2015, l’EI marque un grand coup. Les troupes du Califat s’empare de Ramadi, ville stratégique sur la route de Bagdad, et de Palmyre, en Syrie.

Palmyre, où se trouve le site archéologique le plus célèbre du pays, située à 240 kilomètres au nord-est de Damas sera dynamité, détruite monument après monument. Un chef d’œuvre de déconstruction dans la logique d’effacement de toutes cultures non-islamiques dans les territoires sous occupations du Califat.

LE CHOC DES ISLAM (S)

Du 13 au 17 avril 2015, les forces irakiennes regagnent Tikrit. Déclic ? Première bataille gagnée par les forces de Bagdad, qui regagnent une ville majeure, et espèrent que cela ouvre la voie à une reconquête à venir de Mossoul.

Le 26 juin 2015, la Tunisie est de nouveau frappée. L’attentat de Sousse revendiqué par l’EI tue 39 personnes dont une majorité de touristes anglais.

En juillet, la Turquie monte à l’offensive contre l’Etat islamique en réaction à l’attaque de Suruç. Très critiquée pour son laxisme vis-à-vis de l’EI, la Turquie s’engage alors dans la guerre contre l’organisation terroriste. L’aviation truc frappe des positions djihadistes en Syrie quatre jours après l’attentat de suicide de Suruç attribué à l’Etat islamique par les autorités du pays. L’attentat a fait 32 morts et une centaine de blessés.

Le 13 aout 2015, un nouvel attentat ensanglante les rues de Bagdad. Un camion piégé explose dans le quartier chiite de Sadr City faisant une quarantaine de morts. Un attentat revendiqué par les djihadistes de l’Etat islamique qui multiplie les attaques sur ce territoire dont elle contrôle une large partie à l’ouest depuis juin 2014. En septembre, une seconde attaque fait plus de 14 morts et 55 blessés dans la capitale irakienne.

 Le 30 septembre 2015, la Russie entre en jeu… Vladimir Poutine s’engage en Syrie en soutien de son allié Bachar Al Assad. La stratégie russe c’est « pas de quartiers !», ni pour les rebelles ni pour les djihadistes. Mais l’armée russe est soupçonnée de frapper les opposants au régime de Bachar El-Assad davantage que les membres de l’Etat islamique. Le mois suivant, le 11 octobre précisément, l’armée irakienne affirme avoir touché le convoi d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique, près de la frontière syrienne. Une élimination de l’ennemi public numéro un  qui n’est pas confirmée par les Etats-Unis et qui sera totalement infirmée à la fin de l’année.

ILS ONT VOULU ETEINDRE LES LUMIERES

Le 31 octobre 2015, L’Etat islamique revendique le crash de l’Airbus 321 de la compagnie Metrojet qui s’écrase dans le désert du Sinaï, en Egypte, peu après son décollage de Charm el-Cheikh. La branche égyptienne de l’Etat islamique revendique le crash de l’appareil. L’enquête confirmera par la suite la piste terroriste.

Le 12 novembre 2015, l’EI revendique le double attentat suicide de Beyrouth qui a fait 44 morts. L’attentat commis dans le fief du hezbollah est le plus grave au Liban depuis la fin de la guerre civile. Pris dans l’engrenage syrien, du fait de l’engagement dans la milice chiite aux côtés du régime Alaouite de Bachar Al Assad, le Liban récolte les foudres de l’Etat islamique.

Le vendredi 13novembre, Paris est frappée à huit points différents, 130 personnes y perdront la vie. Paris, capitale symbolique de l’occident est gagné par l’effroi, par une nuit sanglante le monde entier devient Paris et prie pour Paris… L’Etat islamique revendique ces attaques qui provoquent la psychose internationale. Sonnée, la France se déclare en guerre contre l’Etat Islamique, elle annonce «qu’elle sera impitoyable» et tente de mettre sur pied une vaste coalition internationale contre l’EI…

LES LOUPS SOLITAIRES DE SAN BERNARDINO

L’extension du domaine de la lutte au-delà de la ligne Sykes-Picot. Le pouvoir de nuisance de l’EI ne connait pas de bornes. Il s’appuie parfois sur des agents envoyés depuis les « terres du califat » monter des opérations en Europe (les auteurs des attaques parisiennes du 13 novembre) et sur des sympathisants déjà en place (des loups solitaires). Comme le couple Syed Rizwan Farook et Tashfeen Malik aux Etats-Unis est de cette deuxième catégorie. Le couple se serait autoradicalisé et serait passer à l’acte sans contact direct le groupe jihadiste. Les deux époux ont

L’ATTAQUE DE TUNIS

Le 23 novembre 2015, Tunis est frappé pour la troisième fois par un attentat ciblant un bus de la sécurité présidentielle à Tunis. L’Etat islamique revendique l’attaque qui a fait 13 morts et 20 blessés. Le Président Béji Caïd Essebssi décrète l’état d’urgence qui venait d’être levé.

LA CHUTE DE RAMADI

Le 28 décembre 2015, l’armée irakienne annonce que le drapeau du pays flotte à nouveau sur la ville de Ramadi reprise aux combattants de l’Etat Islamique à la suite d’une offensive au sol et aérien.  La veille, un enregistrement du leader de l’organisation terroriste Abou Bakr Al-Baghdadi est diffusé sur les réseaux sociaux. Il s’agit de la première preuve de vie du chef de l’EI depuis sept mois. Dans cet enregistrement, il critique longuement la coalition de 34 pays musulmans dont la création a été annoncée par l’Arabie saoudite le 15 décembre pour « combattre le terrorisme ». Il appelle à des révoltes dans le royaume d’Arabie saoudite et menace de s’en prendre à Israël.

Plus structuré, mieux organisé, mieux armé et plus nanti qu’Al Qaeda, l’Etat islamique compte dans ses rangs plus de 30 000 combattants étrangers. Il prône un « djihad planétaire » plus diffus, plus sanglant dont les secousses n’ont pas fini de rabattre les cartes dans un Moyen-Orient en asphyxie politique et en proie à une violente guerre civile religieuse au sein de l’Islam… Nul doute que l’Etat Islamique et son leader écriront les pages les plus violentes de l’année 2016. 2016, année du reflux ou celle du réveil de la force de nuisance d’une organisation qui a réussi faire l’unanimité contre elle par sa barbarie sans limite en 2015 ?

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