TUNISIE | LES 5 ANS DE LA REVOLUTION DU JASMIN : UNE DEMOCRATIE MENACEE

Cinq ans après l’étincelle qui a déclenché la révolution du jasmin puis le printemps arabe, la Tunisie célèbre sa révolution et son héros national. Dans le centre-ville de Sidi Bouzid un portrait géant du martyr de la révolution tunisienne et une sculpture représentant la charrette de Mohamed Bouazizi ont été dressés.

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C’est sur cette même place que le 17 décembre 2010, un vendeur ambulant de 26 ans, Mohamed Bouazizi, excédé par la précarité et les brimades policières, s’immole par le feu. Ce geste qui va provoquer sa mort le 4 janvier 2011 dans un hôpital de Tunis, va déclencher une onde de choc en Tunisie et au-delà dans le monde arabe.

Cinq ans après le sacrifice de Mohamed Bouazizi, la dictature de Ben Ali est un lointain souvenir… mais les demandes de justice sociale et d’emplois tardent à se matérialiser.

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Aymen Rameri, habitant de Sidi Bouzid :

« On demande au président de la République et au Premier ministre, qui ne sont pas venus ici aujourd’hui, de réaliser leurs promesses à Sidi Bouzid. Nous sommes toujours marginalisés et sous-estimés. »

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Ramzi Hamzaoui, coordinateur général des chômeurs de Sidi Bouzid :

« Cinq ans ont passé et nos revendications n’ont pas été réalisées. Durant la révolution, nous avons revendiqué d’abord des emplois, plus de libertés et de dignité nationale. Rien n’a été réglé. »

Malgré la menace islamiste de Daech et l’effondrement de son économie, la Tunisie semble tirer son épingle du jeu. Sa révolution a abouti sur des élections libres et transparentes et l’adoption d’une nouvelle Constitution. Ce qui a d’ailleurs valu à un quartette d’organisations tunisiennes de décrocher le Prix Nobel de la paix 2015 pour avoir joué un rôle déterminent dans la transition démocratique.

La flamme de sa révolution exemplaire, la Tunisie par la voix de sa ministre de la Culture entend la faire vivre à travers un projet de musée dans la région de Sidi Bouzid épicentre de la Révolution arabe. Une vent de libération qui n’a pas réussi à faire tâche d’huile en Syrie, au Yémen ou en Libye qui ont sombré dans la guerre ou le chaos et Egypte où après une intermède islamiste les militaires sont revenus aux affaires.

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 Latifa Lakhdar, ministre tunisienne de la Culture :

« Un musée et surtout un musée de la révolution, ici dans cette région, c’est un lieu de mémoire, évidemment comme tous les musées. Mais c’est aussi et surtout un lieu de fidélité, fidélité aux martyrs, fidélité à tous ceux qui se sont sacrifiés pour tracer cette rupture abyssale avec le despotisme politique. »  

La répression des protestations qui ont suivi le coup d’éclat de Mohamed Bouazizi a fait plus de  300 victimes en un mois. Elles ont débouché le 14 janvier 2011, sur le renversement de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, après 23 ans au pouvoir.

Cinq ans après cet évènement marquant, le secteur touristique véritable poumon de l’économie tunisienne est exsangue, il a pâti de l’instabilité révolutionnaire et des attaques des djihadistes de l’Etat islamique qui bénéficie d’un contre-vent révolutionnaire en embrigadant une partie de la jeunesse tunisienne déçue de la Révolution et attirée l’islamisme radical.

 

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