ENERGIE | FACTEUR D’EMISSION DU RESEAU ELECTRIQUE : LE WAPP A L’ECOLE DE LA MESURE

Hasard de calendrier ? Pas si sûr ! Un atelier régional de formation s’ouvre à Lomé le même jour que la COP21, sur le thème de « calcul du facteur d’émission du réseau électrique (FER) ». Y participent, les vingt-six (26) sociétés nationales de production, de transport, de distribution et de commercialisation d’énergie électrique, membres du Système d’Echanges d’Energie Electrique Ouest-Africain (WAPP).

Symboliquement, les électriciens d’Afrique de l’Ouest entendent envoyer un message aux parties en conférence dans la capitale française. L’énergie est le principal enjeu de l’avenir, il sera question de changer de logiciel de production et les habitudes de consommation pour développer des modèles moins énergivores. Si le monde entier attend un accord global contraignant et mesurable à Paris, c’est dans les différents pays et dans les territoires, à l’échelle des états, des entreprises et des individus que  la limitation des émissions et la transition écologique et énergétique se joue réellement. Pour résumer, à la COP21, il est question d’engagement et de mesure.

En Afrique de l’Ouest on est très loin des objectifs de réduction, le défi prioritaire est avant tout la démocratisation de l’accès à une énergie électrique compétitive qui se veut la moins polluante et le plus propre possible comme le rappelle, Sékou SYLLA, Secrétaire général de la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement).

 

Sékou SYLLA, Secrétaire général de la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement)

« (…) l’un des défis majeurs de notre espace communautaire ouest-africain demeure l’accès à une énergie suffisante et à moindre coût. Dans un contexte où certains pays présentent des mix énergétiques faibles, à 90% se source thermique, il est particulièrement important de féliciter le secrétariat du WAPP dans ses efforts pour la création d’un marché régional pour l’échange d’énergie. Cet engagement ne pourrait être optimisé que par la promotion et la valorisation du potentiel en énergies renouvelables dont regorge notre région. Pour y parvenir, le développement de projets d’énergies renouvelables, dans le cadre du Mécanisme de Développement Propre (MDP) et d’une manière générale de toutes initiatives similaires, doit être fortement encouragé. »

 

A ce jour, l’Afrique ne pèse que 4% de la production mondiale de gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. Avec un si bas niveau de niveau de pollution, le continent noir devrait pouvoir bénéficier mécaniquement du principe de pollueur payeur qui lui permettra de monnayer à prix d’or son potentiel énergétique sur les marchés carbone, à condition de réduire l’empreinte carbone de ses industries et mettre un accent sur le développement d’énergies vertes. Moyennant le financement de projet  d’infrastructures énergétiques propres en Afrique par exemple, les entreprises des pays industrialisés peuvent obtenir en contrepartie des crédits d’émissions de gaz à effet de serre dits « crédits carbone »

 

Le crédit carbone, est un outil financier créé lors du protocole de Kyoto, en 1997. Les pays signataires, principalement européens, se sont fixés des quotas d’émissions, et leur ont donné une valeur. Chaque tonne de CO2 non émise correspond à un crédit. C’est ainsi qu’est né le marché du carbone de l’UE, pour les secteurs industriels les plus polluants, entré en vigueur en 2005. Une entreprise qui a respecté les quotas peut revendre ses crédits carbone à des banques ou des fonds propres, tandis qu’une entreprise qui au contraire, a trop pollué, peut acheter du crédit.

 

Seulement, pour tirer pleinement parti de cette manne, les sociétés d’électricités ouest-africaines doivent maitriser un outil important : le calcul FER ou Facteur d’Emission du réseau…  L’outil par excellence de mesure des émissions pour des sociétés d’énergie sous-régionales.

 

Djibril SALIFOU, Directeur général de la CEB, vice-président du Conseil exécutif du WAPP

« (…) le facteur d’émission –du réseau- est le ratio entre la quantité de polluants atmosphériques ou gaz à effet de serre émise lors du processus de production d’énergie et la valeur caractéristique de la production énergétique. Les facteurs d’émission représentent donc la quantité de substances ou polluants émises par unité de combustible brulé. »

Du 30 novembre au 1er décembre prochain, la trentaine d’experts et d’ingénieurs de haut niveau provenant de la trentaine de sociétés d’électricité membre du Système d’Echanges d’Energie Electrique Ouest Africain (WAPP) participant à cette mini-COP21 des sociétés électriques sous-régionales, financée par le Coopération allemande et américaine, ainsi que la BOAD vont analyser sous toutes les coutures les méthodes de « Calcul du facteur d’émission du réseau (FER) des systèmes électriques des pays de la CEDEAO.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s