QUE RESTE-T-IL DE L’UFC DE GILCHRIST OLYMPIO?

Absent dans les starting-blocks de la Présidentielle du 25 avril dernier, l’Union des forces de changement (UFC) serait-elle morte politiquement ? Oui, s’il faut se fier aux commentaires des Cassandre de tous poils. Depuis sa déculottée électorale de 2013, on dit d’elle qu’elle n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été. Qu’elle a perdu tout son poids électoral et toute sa force de frappe politique, réduite à un cercle de derniers fidèles inconditionnels autour du vieux leader de l’opposition au crépuscule de sa carrière. En allant à la mangeoire comme l’usage courant le dit au Togo, l’UFC a-t-elle lâché la proie pour l’ombre ?

Autopsie d’un parti politique en sursis…

L’ANÉMIE POLITIQUE…

Le parti de Gilchrist Olympio semble être en proie aux affres d’un coma politique depuis 2010 et la signature de l’accord historique avec le RPT devenu UNIR, de participation au Gouvernement. Contesté dans l’opinion, ce renversement d’alliance a cristallisé les critiques des autres partis de l’opposition et favorisé la création puis la montée en puissance de l’ANC de Jean Pierre Fabre. A la manière d’un cancer, l’ANC a progressivement rongé l’électorat de l’UFC qui s’élevait à plus de 867 000 voix en 2007. Dans les urnes, la dernière législative juillet 2013 ont été vécue comme la pire catastrophe électorale de l’histoire du parti. L’UFC a dégringolé de 21 sièges au Parlement en 2007 à 3 en 2013. Le parti a-t-il été sanctionné pour son accord avec le régime en place ? Assurément. Alors même qu’il est miné par des querelles internes : Djimon ORE et Nicodème HABIA se feront débarquer pour avoir critiqué la ligne du parti qu’ils estimaient contre-productive électoralement…

… AVANT L’HEMORRAGIE ÉLECTORALE

L’irrésistible ascension de Jean Pierre Fabre à la tête de l’opposition togolaise enclenchée depuis 2010 est portée à bout de bras par une hémorragie continue des électeurs de l’UFC canal historique vers l’ANC. Cette migration électorale obéit à un principe analogue à celui de deux vases communicants. En 2010, Jean Pierre Fabre avait rassemblé sous la bannière de l’UFC plus de 692 000 électeurs. Un score qu’il a amélioré en 2015 en le portant 731 230 voix soit un gain de plus 40 000 électeurs entre les deux scrutins présidentiels. Inexorablement, l’ANC est en train de couper l’herbe électorale sous les pieds de l’UFC.

Mais il ne faut pas trop vite vendre la peau de l’ours UFC avant de l’avoir réellement tué, prévient Jean Claude HOMAWO, invité sur le plateau de New World Info vendredi dernier.

LE DÉFI DE LA CLARIFICATION

L’UFC ira-t-il ou n’ira-t-il pas au prochain Gouvernement de Faure Gnassingbé ? Jean Claude Homawoo penche plutôt pour l’affirmative : « l’UFC demeure le partenaire tout proche (du régime) ». Fondé en 1992, l’UFC a longtemps été le parti dominant de l’opposition togolaise. Même si sa participation au Gouvernement depuis 2010 est mal comprise par son électorat, le parti de Gilchrist Olympio reste une marque politique forte qui pourrait redevenir attractive pour sa clientèle politique. A condition pour l’UFC de couper la poire en deux en retrouvant sa place dans l’opposition où périr à petit feu dans les urnes en s’accrochant à son accord dit historique !

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