RESULTATS PROVISOIRES : LA REDISTRIBUTION DES CARTES POLITIQUES…

De 60,88% en 2010 à 58,73% en 2015, Faure Gnassingbé n’aura perdu que deux points de suffrage en 5 ans, malgré ses dix ans de règne, il résiste bien à l’usure du temps. Une côte élevée de popularité que le fils de l’ex-dictateur, Eyadéma Gnassingbé, doit à ses bons résultats économiques. Dans l’opposition la polarité des rapports de force est loin de s’inverser, Jean Pierre Fabre reste la figure de proue d’une opposition qui court derrière l’alternance depuis 25 ans.

UNIR, PREMIER PARTI DU TOGO…
A la reconquête des poches électorales du défunt RPT, le parti UNIR qui le porte a réussi son baptême de feu présidentiel. Loin devant ses concurrents, UNIR conserve son rang de premier parti du pays. Le président sortant maintient un ancrage solide au Nord, avec des résultats situés entre 60 et 80% des voix dans ses fiefs des régions des Savanes, de la Kara et Centrale. En revanche, la « vague Faure » de 2010 dans les Plateaux recule par endroit grâce à une forte résistance de Jean Pierre Fabre dans la région : le candidat du CAP lui arrache les circonscriptions de Kloto et de Danyi.

… NUMÉRO UN DE L’OPPOSITION
Malgré la défaite, Jean Pierre Fabre confirme son rang de chef de file de l’opposition. Le leader de l’ANC a réussi à rassembler sous la bannière du CAP 2015, 35,19% des voix contre 33,93% en 2010. Le numéro un de l’opposition se paye le luxe de gagner 42 000 nouveaux électeurs en cinq ans. Un chiffre qui devrait le rejouir dans sa lutte fraternelle contre l’UFC de Gilchrist Olympio, opposant historique du pays. Jean Pierre Fabre et ses alliés on construit le nid de ces résultats dans son fief de la région Maritime. Autant dans l’Avé, le Vo, le Yoto, le Zio, les Lacs que le Golfe ou Lomé commune, il conserve ses positions ou améliore ses scores de 2010.

AIME GOGUE : LA RÉVÉLATION
Le candidat de l’Alliance des Démocrates pour le Développent Intégral doit se frotter les mains au regard de son score électoral. Parti de nulle part, le Professeur Aimé Gogué décroche une troisième place honorable avec 4,03%, mieux que les 2,96% de Yaovi Agboyibo ou les 0,85% de Agbéyomé Kodjo lors de la Présidentielle de 2010, tous deux anciens Premiers ministres. L’économiste a réalisé ses meilleurs scores dans la préfecture de Tandjouaré (son fief) avec 46,85%, dans celles de Tone, de Kpendjal et de Cinkassé où il est arrivé deuxième derrière le Président sortant. Garce à cette percée dans la Région des Savanes, et au boycott du CAR, ADDI est devenue une force politique avec laquelle il faudra compter dans l’av enir…

LES DERNIERS DE LA CLASSE…

En queue de peloton, Gerry Taama et Mohamed Tchassona Traoré se tiennent dans un mouchoir de poche avec respectivement 1,04% et 0,96% des voix. Situé à un étiage très bas, les deux candidats rassemblent 41 645 voix à peine la moitié des voix récoltés par Aimé Gogué… Aurait-on vendu trop cher la peau de l’ours avant de l’avoir tué ? Une chose est sure, ces deux candidats reste stationnaire dans leur position sur l’échiquier politique.

LES ABSENTS… ONT TORT?
Comme il fallait s’en douter, le boycott du CAR a desservi la cause de l’alternance politique. Il a plutôt ouvert la voie à une victoire nette d’UNIR dans la préfecture du Yoto, une première historique. Faure Gnassingbé est passé de 35,98% en 2010 à 70,71% dans le Yoto. Un petit séisme politique à l’échelle du Sud du pays traditionnellement inaccessible au régime. Est-ce pour autant le début de la fin du parti fondé par Yaovi Agboyibo ? Absolument pas ! 61,86% des électeurs de son fief du Yoto ne sont pas rendus aux urnes le 25 avril dernier. Enfin, le parti de Dodji Apévon dispose d’une couverture nationale assez importante qui devrait le prémunir d’une disparition immédiate.
Par contre l’UFC est à la croisée des chemins… Le parti de Gilchrist Olympio ressemble à une coquille vidée de sa substance électorale par l’ANC. Depuis 2013, l’hémorragie des électeurs de l’UFC vers l’ANC est progressivement en train d’assécher le réservoir électoral du parti du leader historique de l’opposition. La survie du parti après cette épreuve électorale, dépendra de la clarification de son statut d’opposition ou de l’officialisation de son rapprochement idéologique avec UNIR… Dit crûment, Gilchrist Olympio devrait arrêter d’avoir le cul entre deux chaises.

De façon générale, les forces de l’alternance progressent dans le pays, la somme des voix des candidats de l’opposition a bondi à 41,22% alors même qu’elle n’était que de 38,81% en 2010. En revanche, le chemin est encore loin pour atteindre l’alternance. L’opposition pâtit de sa désorganisation chronique, de la démobilisation des électeurs dans ses bastions électoraux de la Région Maritime et son incapacité à prospérer hors de cette zone de confort. D’ores et déjà, des voix se lèvent pour appeler à un renouvellement des pratiques voire du personnel politique dans la classe politique de l’opposition. Avec ou sans de nouveaux acteurs, il faudra compter avec les figures historiques et les nouveaux éléphants qui ont de beaux jours devant eux.

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