Le cercle des fidèles de Gilchrist se réduit comme peau de chagrin…

The LOST   La mauvaise série se poursuit au sein des effectifs de l’Union des Forces de Changement. Le cercle des derniers fidèles de Gilchrist se réduit comme peau de chagrin avec le départ de Djovi Gally. Un de plus, un de trop, pour une formation politique désormais  menacée  purement et simplement d’extinction.

  Autrefois panthéon des  intellectuels opposés à la dictature du régime des Gnassingbé père et fils, l’UFC post-26 mai 2010 n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été. L’hémorragie déclenchée par le schisme subséquent à l’accord RPT/UFC qui a engendré l’ANC, n’est pas encore totalement résorbée. Fabre, Lawson, Dupuy, Ameganvi, Amerding parmi les fidèles de longues dates ont été les premiers à quitter la barque. Et depuis la fuite des cerveaux et des « idéologues »  a laissé le champ libre aux « ventrocrates » et « carriéristes » parmi ceux qu’on désigne comme les Amis de Gilchrist Olympio (A.G.O). On ne peut pas dire que les cinq ministres de l’UFC présents au gouvernement aient été triés sur le volet. La tendance est que l’UFC fonctionne désormais en sous effectifs.

Et l’UFC serait devenue « la béquille » du pouvoir RPT/UNIR.

Plus qu’une béquille pour la nouvelle UNIR qui certes cherche encore ses marques, l’UFC n’en n’est pas moins dépendante de cette dernière. Les deux formations tirent leurs légitimités réciproques de cette alliance des contraires. Les tourtereaux mènent une vie de couple parfaitement fusionnelle que parfois le chef de la famille UFC juge nécessaire de rappeler qu’il ne s’agit que d’une union de raison. Ainsi ce dimanche en meeting politique, le leader de l’UFC a mis les points sur les « I » : « si les deux grandes formations du Togo travaillent aujourd’hui ensemble, cela ne signifie pas que l’UFC est partie intégrante d’UNIR ».

Nonobstant, le couple file le parfait amour, les scènes de ménages, croche-pattes et les crises ne sont pas rares. Les déconvenues de ce mariage de raison, l’arrogance des parvenus et la déception des laissés sur le bord de la route masque assez peu un bilan panaché de presque trois ans d’exercice conjoint du pouvoir.

Le dernier en date à faire défection est Djovi Gally, éminence grise du parti, en rupture de ban depuis 6 mois. Pour Gally, ces 6 derniers mois mois lui ont servi de temps de la réflexion du bilan critique avant le grand saut. Le 12 février dernier, 6 mois jour pour jour, après avoir quitté son poste de conseiller politique et de porte-parole de l’UFC, Djovi Gally  a notifié par voie de lettre, son divorce définitif avec la formation de Gilchrist Olympio. La pomme de discorde entre l’éminence grise et son leader est l’évaluation de l’accord RPT/UFC contracté en mai 2010. Artisan du controversé rapprochement entre les deux formations, Gally écrit regretté que cet accord ait accouché d’une souris : « aucun bilan public de cet accord n’a été fait par le parti [UFC], qui s’accommode avec complaisance de l’abandon des réformes constitutionnelles et institutionnelles, tout en faisant campagne pour l’organisation des élections législatives dans des conditions plus que suspectes. Il poursuit : « plus graves, de renoncement en renoncement, d’abandon, l’UFC apparaît aujourd’hui comme une « béquille » du pouvoir du pouvoir RPT/UNIR qui embastille sans scrupules les leaders de l’opposition démocratique… ». En conclusion il : « estime dans ses conditions que [sa] place n’est plus dans ce parti »

Et ils se mirent à tirer sur l’ambulance…

Dès le lendemain, ses ex-compagnons politiques ne sont pas allés de commentaires mous sur son sujet. Désormais il est dépeint comme un homme « frustré » et « privé de toutes perspectives politiques ». Gally serait frustré disent-ils « de ne pas faire partie du gouvernement et de n’avoir jamais digéré l’opposition du RPT à sa nomination». Pressenti à un poste ministériel en 2010, il dû y renoncer pour conflit d’intérêt judiciaire avec le Gouvernement. A cette époque, il était l’un des avocats des accusés dans le « Kpatchagate ». Une sombre affaire de tentative de coup d’Etat sous fond règlement de compte entre frères Gnassingbé. Depuis il ne s’est pas senti à ses aises dans une coalition qui était à la dérive. Il faut rappeler que Djovi Gally a eu plusieurs idylles politiques qui font de lui un homme controversé. Avocat, militant puis deux fois ministres des droits de l’homme sous le régime Eyadema, l’homme à la crinière blanche a assez bourlinguer entre les différentes écuries politiques. Avant  2009 et son adhésion à l’UFC, il était encarté à l’UTD d’Edem Kodjo devenu par la suite CPP. Tournée la page de l’UFC, Gally assure qu’il « continuerai son combat au côté du peuple togolais pour sa dignité et son épanouissement, notamment pour l’avènement d’une alternance politique pacifique ». Une phrase qui contient des indices de sa prochaine destination politique. L’homme qu’une certaine presse brocarde comme le champion du « mercato » ne devrait pas rester longtemps sans club politique. CST ou Arc-en-Ciel ? De toute façon, il un boulevard pavé de gaz lacrymogènes et de cocktails Molotov devant lui pour son avenir politique.

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