Quid de la santé politique du Togo?

15548_1088300348094_7479296_n   Alors que l’Amérique d’Obama appréhende le « mur budgétaire », l’Assemblée nationale togolaise quant à elle patauge dans le vide constitutionnel depuis la fin du mois dernier. Un malheur dit-on ne vient jamais seul. Le président de la République a été même donné pour mort le temps d’un week-end.

Mort médiatique seulement. Le motus et bouche cousue de l’exécutif togolais sur tous les supports médiatiques a laissé la rumeur s’enflammée. Preuve sans doute que le service de Com du Palais de la Marina devrait moins pratiquer son langage de bois. Il n’y a même pas eu un « je suis vivant » du président sur son très suivi compte Twitter. Au seuil de cette situation abracadabrantesque, les adversaires politiques de Faure ont certainement commencé par sabler le champagne et se régaler de la peau de l’ours vite donné pour mort. Fort malheureusement pour eux, le « président bien aimé » des togolais était en voyage diplomatique en Israël, terre de tous les miracles. Il a aussitôt ressuscité et dimanche s’est offert un bain de foule sur le trajet d’un retour triomphal à travers les rues de Lomé. Quoi de plus normal sous le ciel togolais ! Au grand dam certainement des apôtres de l’alternance sans les urnes ni par les armes mais avec tous les autres moyens fussent-ils mystiques.
Le surréalisme est cultivé comme vertu politique sur la terre natale de Bella Bello et d’Eyadema. La classe politique dans son ensemble a fait le deuil de toute possibilité de dialogue et les législatives à venir sont dans l’impasse totale.

Samedi soir les portables de nombreux loméens ont reçu un message très anormal, les invitant à venir « accueillir leur président bien aimé » à l’aéroport de retour de son purgatoire en Israël. Les mauvaises langues, déçues que le chef de l’Etat togolais n’ai pas succombé à leurs souhaits ne désarment pas pour autant. Les détracteurs de Faure Gnassingbé lui professent des lendemains de Cassandre. De nombreux journaux lui prêtent des métastases d’adénome, de leucémie et pire encore. Un malade imaginaire dirigerait un pays qui s’enfonce dans un coma démocratique depuis belle lurette. Sur le front politique, Israël inspire beaucoup les politiciens togolais de tous les bords. Le Collectif Sauvons le Togo (CST) compte lancer prochainement « Les Dernier Tour de Jéricho ». Assaut final des troupes du CST contre le régime en place qui serait dit-on métastasé.
Le choix de la contestation dans la  rue face à la tentation passage en force. JP Fabre et G. Bawara sont l’allégorie parfaite des choix extrêmes que la classe politique offre aux Togolais. Voilà ainsi tracé le périmètre des possibilités et des limites des acteurs politiques togolais incapables de retrouver le sens de l’intérêt général. De par les tranchées opposées, la drôle-de-guerre politique en cours a de beaux jours devant elle. Le Togo aurait plus urgemment bien besoin d’une résurrection politique que d’un Président ressuscité.

I. Radjouloul-S. MOUHAMADOU

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